Etat d'urgence: Un militant écologiste assigné à résidence

ATTENTATS Joël Domenjoud, membre de l’équipe juridique de la Coalition climat, devait accueillir les « convois des territoires en lutte », venus des ZAD...

L.B. avec AFP

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Des policiers devant la COP21
Des policiers devant la COP21 — LOIC VENANCE / AFP

Plus de 20 militants ont été assignés à résidence dans le cadre de l’état d’urgence décrété après les attentats de Paris. Le but de l’opération ? Les empêcher d’aller manifester à Paris lors de la COP21, selon le ministère de l’Intérieur. Parmi ces écologistes : Joël Domenjoud, membre de l’équipe juridique de la Coalition climat, qui regroupe des organisations de la société civile.

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Ce dernier devait accueillir les « convois des territoires en lutte », venus des ZAD pour la COP21. Depuis les attentats et l’état d’urgence, la manifestation a été interdite. Mais surtout, le trentenaire a été assigné à résidence. Il raconte à francetv info. « Hier matin, en sortant de chez moi, je me suis aperçu que j’étais suivi, raconte Joël Domenjoud. Vers 14h30, ma voisine m’a appelé, affolée. Les policiers, qui étaient chez moi, ont pris le téléphone et m’ont demandé de me présenter au commissariat ».

Il préparerait des «actions qui visent à troubler l'ordre public»

Son assignation à résidence, qui lui a été remise par un commissaire, est motivée par le fait qu’il serait « un des leaders principaux des actions préparées dans le cadre de la COP21 », qu’il participe « à des réunions préparatoires qui se tiennent dans un squat » et qu’il préparerait « des actions qui visent à troubler l’ordre public ».

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« Ces mesures reposent sur des dossiers solidement étayés »

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, interrogé par l’AFP, a rappelé que la COP21 verra 147 chefs d’Etat venir à Paris et que toutes les manifestations en marge de cet événement ont été interdites. « Ces différentes mesures d’assignations à résidence », 24 au total, « reposent sur des dossiers solidement étayés, et sont évidemment susceptibles de recours devant la justice. L’état d’urgence n’est pas la négation de l’Etat de droit », a-t-il ajouté.