Attentats à Paris: L'Etablissement français du sang remercie les donneurs qui ont afflué partout

SANTE Les prélèvements ont augmenté de 55 % au niveau national la semaine qui a suivi les tragiques attentats du 13 novembre…

Vincent Vantighem

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Paris, le 14 novembre 2015. Des gens font la queue pour donner leur sang après les attentats qui ont fait 130 morts et 350 blessés.
Paris, le 14 novembre 2015. Des gens font la queue pour donner leur sang après les attentats qui ont fait 130 morts et 350 blessés. — CHINE NOUVELLE/SIPA

« Ils m’ont scotché ! » Responsable des prélèvements pour l’Etablissement français du sang (EFS) en Ile-de-France, Djamel Benomar n’en revient toujours pas de la mobilisation exceptionnelle ayant suivi les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts et 350 blessés, selon un dernier bilan. « En 28 ans de carrière, je n’avais jamais vu ça… », poursuit le médecin. L’EFS non plus. Jugeant ce mouvement « sans précédent », l’organisme lance, ce lundi, une campagne de communication pour remercier les donneurs qui ont investi les hôpitaux dès le lendemain de la tragique nuit du 13 novembre.

>> D. Benomar : « Les dons du sang ont augmenté de 280 % en Ile-de-France »

Il y a du monde à saluer. Entre le 16 et le 22 novembre, 88.000 prélèvements de sang, de plasma et de plaquettes ont été réalisés par l’EFS au niveau national. Soit une hausse de 55 % par rapport à une semaine classique. Si l’on zoome sur l’Ile-de-France, l’augmentation atteint carrément le chiffre de 280 %. « Mes collègues en région me disent toujours que le Parisien est difficile à mobiliser, réagit Djamel Benomar. Le Parisien en question leur a apporté la preuve du contraire ! »

Une file de donneurs de sang à l’hôpital Pompidou, le 14 novembre. (V.VANTIGHEM)

« C’est notre façon de répondre à l’urgence »

Dès le samedi suivant les attaques au Bataclan, au stade de France et dans les rues de Paris, les donneurs avaient afflué dans les hôpitaux, formant d’immenses files d’attente qui redonnaient foi en la nature humaine. « C’est notre façon de répondre à l’urgence à notre petit niveau », confiait ainsi Sylvaine, 30 ans, interrogée par 20 Minutes devant l’hôpital Georges Pompidou (Paris, 15e), le samedi 14 novembre

>> Relire notre reportage à l’hôpital Pompidou

Cet afflux s’est poursuivi pendant quasiment deux semaines sans interruption. « On est seulement revenu à un rythme classique à partir de jeudi dernier », assure Djamel Benomar. Pour éviter l’engorgement, l’EFS a même distribué des tickets de « promesses de dons » permettant aux volontaires de différer leurs prélèvements de quelques semaines dans le temps.

Besoin de 10.000 dons chaque jour

Selon nos informations, les récipiendaires de ces tickets de « promesses de dons » devraient être rappelés dans les hôpitaux à partir du 14 décembre, par l’EFS. La date ne doit rien au hasard. « Traditionnellement, le mois de décembre est compliqué pour nous, confie une source au sein de l’EFS à 20 Minutes. Certains donneurs sont en vacances, d’autres sont touchés par les épidémies de gastro ou de grippe. Or, nous avons toujours autant besoin de don… »


Et même de 10.000 dons par jour. Car les produits sanguins sont périssables. Et les besoins, attentats ou pas, toujours aussi nombreux. « Nous devons saluer la générosité des Français et en même temps profiter de ce mouvement pour que cela serve au plus grand nombre », assure ainsi Djamel Benomar.

Pour savoir où donner son sang : www.dondusang.net - Rubrique « Où donner ? »