Attentats à Paris: Le procès-verbal d'un témoin clé détaille le parcours d'Abaaoud

ENQUÊTE L'hebdomadaire de droite, Valeurs Actuelles, a publié plusieurs extraits du document. Le parquet de Paris a ouvert une enquête...

H.S.

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Abdelhamid Abaaoud, le 16 novembre 2015
Abdelhamid Abaaoud, le 16 novembre 2015 — - DABIQ

C’est grâce à ce témoin clé qu’Abdlhamid Abaaoud aurait été localisé à Saint-Denis le mercredi 18 novembre. Son témoignage, retranscrit dans un procès-verbal, a pu être consulté par l’hebdomadaire conservateur Valeurs Actuelles, qui a publié jeudi des extraits édifiants. Selon le journal, le « cerveau » des attentats du 13 novembre, se serait vanté d’être en France depuis deux mois.

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« Nous sommes partout »

Détaillant la conversation entretenue entre Abaaoud et sa cousine Hasna Aït Boulahcen, le témoin raconte qu’il serait entré en Europe en septembre en Grèce, suivant la route de l’exil emprunté par les réfugiés syriens et irakiens. Décrit comme « un Roumain d’une trentaine d’années, avec un bob crème, les cheveux coupés au carré ondulés châtains, 1,70 m, vêtu d’un bomber kaki, de corpulence mince » lorsqu’il rejoint sa cousine à Saint-Denis, Abdlehamid Abaaoud prévient alors de nouveaux attentats, assurant alors : « Nous sommes partout »

Les « dégâts collatéraux »

Lorsque la possibilité de tuer des musulmans, au cours de leurs actions, est évoquée avec sa cousine, Abaaoud avance « des dégâts collatéraux » avant d’affirmer : « qu’est-ce qui garantit que ce sont de bons musulmans ? ». L’autre élément clé, révélé lors de l’audition de ce témoin clé, concerne Salah Abdeslam. Selon le document l’homme le plus recherché d’Europe aurait affirmé à Abdlhamid Abaaoud qu’il se trouvait en Syrie. Une information qui, pour l’heure, n’a pas été confirmée.

Le Monde affirmait ce vendredi que le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire contre Valeurs Actuelles, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne. Le quotidien du soir précise que le parquet s'appuie sur l’article 38 de la loi sur la liberté de la presse de 1881 selon lequel il est « interdit de publier les actes d’accusation et tous autres actes de procédure criminelle ou correctionnelle avant qu’ils aient été lus en audience publique ».