VIDEO. Etat d'urgence: «Rien n'empêche» de le reconduire dans trois mois, déclare Cazeneuve

SOCIETE «L'état d'urgence ce n'est pas l'état de l'arbitraire. Je ne veux pas le moindre manquement», a affirmé le ministre de l'Intérieur...

M.C. avec AFP

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Bernard Cazeneuve sur France 2 le 26 novembre 2015.
Bernard Cazeneuve sur France 2 le 26 novembre 2015. — France 2

Bernard Cazeneuve n'exclut pas de prolonger l'état d'urgence au-delà de trois mois. Le ministre de l'Intérieur, invité jeudi de l'émission Des paroles et des actes sur France 2, a notamment rappelé que «l'état d'urgence, ce n'est pas l'abandon de l'Etat de droit parce que l'Etat de droit le prévoit» et jugé qu'il faudrait «apprécier» de nouveau la situation fin février pour décider ou non de le reconduire.

 

VIDEO. Cazeneuve état d'urgence

 

«Si dans trois mois, l'évaluation de la menace est à ce niveau-là, nous reconsulterons le Parlement et prendrons toutes dispositions de nature à protéger les Français.», a déclaré le ministre, en notant qu'il fallait «faire très attention à la manière dont sont mises en oeuvre les conditions de l'état d'urgence».

«J'ai besoin de ces mesures pour protéger les Français aujourd'hui»

Pour les perquisitions, les assignations à résidence, «j'ai besoin de ces mesures pour protéger les Français aujourd'hui», a-t-il dit. «Dans le démantèlement des arsenaux d'armes, dans le démantèlement d'un certain nombre de filières, dans un contexte où il faut le faire vite, cela est utile mais il ne faut pas que cela se fasse n'importe comment», a-t-il ajouté.

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«C'est pour cela que j'ai donné et que je donne en permanence des instructions extrêmement strictes aux préfets et aux forces qui sont sous ma responsabilité parce qu'une perquisition ne se fait pas n'importe comment. Quand cela se fait n'importe comment c'est répréhensible», selon le ministre.

«L'état d'urgence ce n'est pas l'état de l'arbitraire»

«Si nous voulons constitutionnaliser l'état d'urgence, ce n'est pas pour perpétuer l'état d'urgence à l'infini. Nous sommes attachés aux principes de droit, nous voulons donner à l'état d'urgence le principe constitutionnel qu'il n'a pas», a précisé Bernard Cazeneuve.

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«L'état d'urgence ce n'est pas l'état de l'arbitraire. Je ne veux pas le moindre manquement, la moindre image qui puisse donner le sentiment que ce que nous faisons n'est pas fait scrupuleusement, je ne le tolérerai pas, je ne l'accepterai pas», a insisté le ministre de l'Intérieur. «L'état d'urgence c'est un état qui permet de protéger et d'agir vite, ce n'est pas un dispositif dans lequel tout est possible et tout est permis à chaque instant», selon lui.

«Ces mesures sont nécessaires, il sera peut-être nécessaire de les proroger mais elles doivent être mises en oeuvre dans le respect scrupuleux d'un certain nombre de principes et dans le respects du droit», a-t-il ajouté précisant qu'«il y a un contrôle juridictionnel, vous pouvez dans le cadre d'une assignation à résidence saisir le juge administratif».