Cérémonie aux Invalides: Le père d'une victime boycottera l'hommage national

TERRORISME Aurélie de Peretti, 33 ans, a été tuée le 13 novembre 2015 au Bataclan, à Paris...

L.C.

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Jean-Marie de Peretti, père d'Aurélie, 33 ans, tuée lors de l'attaque terroriste au Bataclan le 13 novembre 2015, à Paris.
Jean-Marie de Peretti, père d'Aurélie, 33 ans, tuée lors de l'attaque terroriste au Bataclan le 13 novembre 2015, à Paris. — Peter Dejong/AP/SIPA

Après la sœur de François-Xavier Prévost, abattu au Bataclan le 13 novembre dernier, un autre proche de victime a annoncé mercredi qu’il n’assisterait pas à la cérémonie d’hommage national prévue vendredi aux Invalides en mémoire des 130 personnes tuées lors des attentats du 13 novembre.

« J’ai l’impression que rien n’a été fait »

Le père d’Aurélie de Peretti, 33 ans, elle aussi tuée dans la salle de concert parisienne, a expliqué sa décision mercredi et jeudi dans les médias. Au micro d’Europe 1, Jean-Marie de Peretti a fait part de sa colère : « je ne veux pas être complice de ce gouvernement qui a fait preuve d’une incurie totale depuis 11 mois », a lancé ce journaliste et membre du conseil d’administration de l’organisation Reporters sans frontières.

« J’ai vécu, étant administrateur de RSF, les attentats contre Charlie Hebdo. J’ai pensé que des mesures fortes seraient prises par le gouvernement. J’ai l’impression que rien n’a été fait. L’espace Schengen est une passoire. Il suffit de regarder comment les gens fichés S ont pu semer la mort, retourner en Syrie via l’Allemagne, via la Croatie. On aurait dû prendre des mesures plus fortes », a estimé le père d’Aurélie.

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« C’est une décision personnelle »

Jean-Marie de Peretti souligne notamment l’absence de contrôle à l’entrée de la salle de concert. Sa fille et une amie qui l’accompagnait vendredi 13 novembre au Bataclan - et s’en est sortie « grièvement blessée » - n’ont fait l’objet d'« aucune fouille alors qu’à Londres, le même type de concert engendrait une fouille systématique », a-t-il dénoncé sur RMC jeudi.

Le père d’Aurélie n’appelle toutefois pas au boycott collectif. « On ne s’est pas concertés [avec les autres familles qui n’iront pas]. C’est une décision personnelle. Je n’appelle pas au boycott (…) Je ne regarderai pas vendredi cet hommage national », a-t-il annoncé sur RMC.

 

Un appel au boycott lancé par la sœur d’une victime

C’est le deuxième proche d’une victime des attentats du 13 novembre à annoncer publiquement qu’il ne se rendra pas à la cérémonie d’hommage national. Emmanuelle Prévost, sœur de François-Xavier Prévost, tué au Bataclan par les terroristes, a posté lundi un appel au boycott sur une page Facebook d’hommage à son frère.

Patrick Jardin, le père d'une régisseuse du Bataclan également décédée le 13 novembre, est également très remonté contre les dirigeants français. Il se rendra néanmoinsà la cérémonie de vendredi. « Si ça ne tenait qu’à moi, je n’irais pas. Mais mon fils tient à s’y rendre et je ne me vois pas le laisser seul pour traverser ça », a-t-il expliqué à La Voix du Nord.

Aurélie de Peretti sera inhumée jeudi près de Saint-Tropez. Le cercueil de cette fan de rock a été décoré par des artistes, après un appel lancé sur les réseaux sociaux par sa sœur Delphine.