Perquisitions dans les mosquées: Les policiers appelés à agir «avec tact et mesure»

ETAT D’URGENCE En Seine-Saint-Denis, le préfet a fait passer des recommandations auprès des forces de l’ordre…

William Molinié

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Un fonctionnaire de police. (Illustration)
Un fonctionnaire de police. (Illustration) — E. Riberry / 20 Minutes

« On fait attention à ce qu’on fait. » Philippe Galli, le préfet de Seine-Saint-Denis, a tenu à réagir aux accusations de dégradations après la perquisition administrative dont a fait l’objet la mosquée d’Aubervilliers dans la nuit du 16 au 17 novembre. Les fidèles, photos à l’appui, ont rapporté que des portes avaient été forcées et du mobilier délabré. « J’étais présent au début de l’opération. Des serrures ont sauté car il pouvait y avoir des gens qui dormaient sur place. Il fallait que l’opération soit menée par les forces d’intervention », appuie auprès de 20 Minutes Philippe Galli, préfet de Seine-Saint-Denis.

Le préfet ajoute avoir donné des consignes à ses équipes pour qu’en particulier « dans des lieux de culte, les policiers se comportent avec tact et mesure ». « On respecte le sacré des lieux. Les policiers investissent un lieu de culte, il faut faire attention. Mais on respecte aussi la République et il n’est pas question que les policiers se déchaussent avant d’entrer dans une mosquée », poursuit le préfet.

Des salles de prières « clandestines » dans le viseur

Lors de la perquisition à Aubervilliers, « les policiers ont aussi soulevé des dalles dans les faux plafonds des locaux techniques », poursuit le haut fonctionnaire. Rien « qui puisse rentrer sous le coup de la loi » n’a été retrouvé. Mais les investigations se poursuivent et il n’est pas exclu que des éléments issus des ordinateurs saisis soient extraits. Selon nos informations, une importante somme en argent liquide a été retrouvée chez un des imams qui devront en expliquer la provenance.

Une seule mosquée, celle d’Aubervilliers, a été perquisitionnée depuis le 13 novembre dans le département de Seine-Saint-Denis. Des salles de prière « clandestines » sont toutefois dans le viseur de la police, assure une source proche de l’enquête.

Opérations « sensibles »

Alors que les perquisitions administratives se multiplient en France depuis l’instauration de l’état d’urgence, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’apprête à adresser une circulaire à l’ensemble des préfets pour leur rappeler qu’elles doivent être faites « dans le respect du droit ».

Chiffres de l’Etat d’urgence (au 24 novembre 2015)
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Ce type d’opérations fait l’objet d’attentions particulières. Et globalement, les autorités policières veillent à être particulièrement vigilantes. Ce que nous confirmait mardi un chef de service de police judiciaire : « Lorsqu’on doit perquisitionner une mosquée ou une salle de prière, nous en référons systématiquement à la direction. C’est évidemment une opération sensible. »