VIDEO. Attentats à Paris: Les livres sur le monde arabe et Daesh s'arrachent en librairie

CULTURE Les Français cherchent des réponses au drame qu'ils ont vécu...  

Delphine Bancaud

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Une librairie parisienne en avril 2015.
Une librairie parisienne en avril 2015. — LOIC VENANCE / AFP

C’est le même phénomène qu’après les attentats de janvier 2015. Depuis les attentats du 13 novembre, les libraires ont vu affluer des lecteurs à la recherche d’informations sur le monde arabe, l’Islam, les phénomènes de radicalisation et le terrorisme. « Dès le samedi 14, nos clients sont venus acheter des ouvrages sur ces thématiques. Et ils n’ont pas cessé depuis », observe Antoine Fron, gérant de l’Arbre à lettres à Mouffetard. La librairie a d’ailleurs tout de suite répondu à la demande en consacrant une table à ces ouvrages. « La plupart des titres que nous avions en rayon sur ces sujets sont partis tout de suite. Il a fallu en recommander, mais certains sont en rupture de stock et en cours de réimpression », constate aussi Jérôme Pitt, libraire à La griffe noire à Saint-Maur-les-Fossés.

Parmi les ouvrages qui s’arrachent comme des petits pains : ceux consacrés au monde arabe. « Les Arabes, leur destin et le nôtre, de Jean-Pierre Filiu, sorti fin août, est passé de la 43e place de notre classement des meilleures ventes d’essais à la 19e en une semaine », indique Fabrice Pieult, rédacteur en chef de Livres Hebdo. Depuis janvier 2015, la librairie La procure de Saint-Lazare a dû aussi consacrer le double de place à son rayon sur l’Islam. « Nos ventes ont progressé de 150 % en un an. Les ouvrages sur le dialogue interreligieux fonctionnent très bien, comme Jésus selon Mahomet de Gérard Mordillat et de Jérôme Prieur ou Réconciliez-vous ! de Marek Halter », constate la libraire. « Les lecteurs ressentent le besoin de se documenter sur la religion musulmane. Ils sont abreuvés d’informations, mais ont besoin de livres qui font le point. 100 idées reçues sur l’Islam de Hassen Chalghoumi, l’imam à Drancy connaît un vrai succès, tout comme Lettre ouverte au monde musulman, d’Abdennour Bidar », remarque Jérôme Pitt. Un moyen pour eux de ne pas tomber dans la spirale des amalgames aussi.

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Ils veulent comprendre l’origine du terrorisme

Sans surprise, les ouvrages sur Daesh, le terrorisme, la radicalisation sont fortement demandés aussi. « Le piège Daech de l’historien Pierre-Jean Luizard est passé de la 40e place de notre classement à la 23. Et La vie après Daesh de Donia Bouzar est remonté en 43e place », constate Fabrice Pieult. Même constat à La griffe noire : « Dans la peau d’une djihadiste d’Anna Erelle et Jihad Academy de Nicolas Henin sont aussi très demandés par des lecteurs de tous âges, de toutes conditions sociales et de toutes obédiences », indique Jérôme Pitt. « Nos clients veulent comprendre ces phénomènes de violence aveugle auxquels l’actualité les a confrontés. En lisant par exemple, Violence et islam d’Adonis ou L’idéal et la cruauté de Fethi Benslama, qui ont été pris d’assaut », observe Antoine Fron.

Parallèlement, le livre témoignage Toujours là, toujours prêt de l’urgentiste Patrick Pelloux et ancien chroniqueur à Charlie Hebdo est remonté de la 14e à la 8e place dans le classement du Livres Hebdo pour la semaine du 16 au 22 novembre. Plus surprenant, Paris est une fête d’Ernest Hemingway, paru en 1964 a connu une deuxième jeunesse ces jours-ci en devenant un symbole de résistance au terrorisme.

« Cet intérêt des lecteurs pour des ouvrages sur des thématiques proches de l’actualité dramatique de novembre ne se tarira pas de sitôt », prédit Fabrice Piault. « On peut parier que les quelque 140 ouvrages à paraître sur ces thèmes d’ici à février auront un bon écho », poursuit-il.