Attentats à Paris: Abaaoud, passé maître dans l’art de narguer les forces de l’ordre

ENQUETE L’instigateur présumé des attentats du 13 novembre est venu rôder autour du Bataclan après la tuerie, selon le procureur François Molins…

V.V.

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Abdelhamid Abaaoud
 est mort lors de l'assaut du RAID à Saint-Denis
Abdelhamid Abaaoud est mort lors de l'assaut du RAID à Saint-Denis — Vidéo CNN

C’est sans doute Christiane Taubira qui a trouvé la formule la plus juste. Abdelhamid Abaaoud est une personne qui s’est placée « hors humanité », a expliqué la Garde des Sceaux, ce mercredi matin sur les ondes de France Info. Présenté comme l’instigateur présumé des attentats de Paris, le Belge de 28 ans serait en effet venu rôder autour du Bataclan, vendredi 13 novembre, juste après la tuerie de masse et alors que les secours s’activaient à peine, selon l’enquête.

Les investigations téléphoniques menées au soir des attentats ont permis d’établir que le « boucher de Raqqa » était retourné dans les 10e et 11e arrondissements de Paris après avoir été aperçu dans le métro à la station Croix de Chavaux, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Ce qui indiquerait qu’il est « revenu sur les scènes de crime après les attentats », a déclaré, mardi soir, François Molins, le procureur de la République de Paris. Comme pour mieux se repaître de l’horreur qu’il aurait, lui-même, engendrée.

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Une interview donnée au magazine « Dabiq »

Répondant au nom de guerre d’Abou Omar al-Baljiki (Le Belge), Abdelhamid Abaaoud semble être passé maître, au fil des ans, dans l’art de narguer les forces de l’ordre. En témoignent les nombreux allers-retours entre la Belgique et la Syrie qu’il a effectués depuis 2012, sans jamais être inquiété.

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La preuve la plus flagrante est apparue dans les colonnes de Dabiq, le journal de Daesh, en février 2015. Comme l’a révélé David Thomson, le journaliste spécialisé dans les mouvements radicaux, Abdelhamid Abaaoud y accorde une interview dans laquelle il révèle alors qu’il était présent aux côtés des membres de la cellule de Verviers (Belgique) en janvier 2015.

 

C’est cette même cellule que la police belge avait démantelée alors qu’elle s’apprêtait à commettre un attentat. Dans l’assaut, deux terroristes ont trouvé la mort. Pas Abaaoud. Le djihadiste se vante dans l’interview d’être parvenu à prendre la fuite et à rejoindre la Syrie alors que son visage s’affichait partout dans les avis de recherches lancés en Europe.

Un nouvel attentat à la Défense

L’horreur n’avait pas de limite pour lui. C’est sans doute pour cela qu’il prévoyait de commettre un nouvel attentat dans un centre commercial de La Défense, cinq jours après les attentats du 13 novembre, comme l’a confirmé, mardi, François Molins.

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Au moment précis des faits, tous les services de renseignement le croyaient en Syrie… Alors qu’il s’était réfugié dans un appartement de la rue du Corbillon à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). C’est finalement un renseignement finement exploité par les enquêteurs qui leur ont permis de le retrouver et de le « neutraliser ». Désormais, le « boucher de Raqqa » ne narguera plus jamais personne.