Attentats à Paris: Comment vont les blessés plus de dix jours après?

BILAN Selon les chiffres délivrés par le ministère de la Santé à «20 Minutes», 169 personnes sont encore hospitalisées...

Delphine Bancaud
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La prise en charge d'une victime du Bataclan, le 13/11/15.
La prise en charge d'une victime du Bataclan, le 13/11/15. — GEAI LAURENCE/SIPA

Dix jours après les attentats de Paris, de nombreuses victimes sont encore prises en charge dans les hôpitaux franciliens. Selon les chiffres délivrés par le ministère de la Santé à 20 Minutes ce lundi, 169 personnes sur les 350 blessés lors des attentats du vendredi 13 novembre sont encore hospitalisées à l’heure actuelle. Selon nos informations, le pronostic vital d’une d’elle serait encore engagé. D’après le ministère de la Santé, 30 personnes seraient toujours en service de réanimation.

Blessures par balle ou par explosif

Les blessés souffrent en premier lieu de blessures par balle ou par explosif. Elles ont souvent été opérées une première fois afin d’extraire les balles, puis ont parfois subi ensuite une ou plusieurs opérations (de chirurgie orthopédique ou viscérale par exemple), en fonction de l’endroit où elles avaient été touchées. Patrick Knipper, le chirurgien qui a opéré neuf patients touchés aux bras, aux mains, aux jambes ou au thorax à hôpital Saint-Antoine, a expliqué dans une interview à Spicee, diffusée par l’Obs, la variété des blessures à laquelle il a dû faire face. Il a notamment dû gérer des blessures par boulons. « Ce qui m’a le plus choqué dans ces traumatologies, à part les plaies par balle, c’est toutes ces préparations d’explosifs avec des boulons (…) C’est ce qu’on voit généralement sur les terrains de guerre », raconte-t-il.

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Un suivi psychologique en plus des soins

D’autres personnes souffrent de fractures de la jambe, de la cheville, du fémur ou de l’humérus. « S’y ajoutent des lésions neurologiques majeures qui risquent d’avoir des conséquences sur le plan fonctionnel », indique Rémy Nizard, chirurgien orthopédique à l’hôpital Lariboisière dans Le Monde. Toutes les victimes font l’objet d’un suivi psychologique. Leurs soins seront d’ailleurs pris en charge complètement par la Sécurité sociale.

Nombre de victimes garderont des séquelles de leurs blessures, comme l’indiquait le docteur Mathieu Raux, qui coordonne les secours à la Pitié-Salpêtrière au JDD : « Parmi ceux qui ont survécu, beaucoup auront subi de très lourds dégâts fonctionnels. Pour certains, le chemin sera très long. Ils ont perdu un bras, une jambe, ce sont des traumatisés à vie ». De long mois de traitement et de rééducation sont donc à prévoir, ainsi qu’un suivi psychologique. Et certaines victimes ne pourront plus avoir la même vie active qu’auparavant, comme l’indique Rémy Nizard, sur Europe 1 : « Une jeune étudiante en journaliste a reçu une balle dans le bras avec une paralysie du nerf. On sait qu’elle est partie pour des années de rééducation. Il y a aussi cette jeune acrobate qui se retrouve avec une fracture du radius avec des lésions, qui font qu’elle ne refera pas son métier ».