Attentats à Paris: Les réponses aux questions des internautes (3/3)

TERRORISME Les journalistes de «20 Minutes» ont répondu aux questions des internautes après les attentats de Paris... 

Anne-Laëtitia Béraud

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Des militaires patrouillant sur les Champs-Elysées, devant l'Arc de Triomphe à Paris, le 16 novembre 2015
Des militaires patrouillant sur les Champs-Elysées, devant l'Arc de Triomphe à Paris, le 16 novembre 2015 — Peter Dejong/AP/SIPA

Vous avez été plus d’une centaine à nous envoyer vos questions après les attentats perpétrés le vendredi 13 novembre. Nous en avons sélectionné près d’une vingtaine. Les réponses de nos journalistes ont été publiées en trois parties. Voici la troisième et dernière partie.

>> Retrouvez tous nos articles sur les attentats de Paris

Mathildekada : Est-il vrai qu’une menace chimique et bactériologique peut venir chez nous ?

Après les attentats du 13 novembre, le Premier ministre, Manuel Valls, a mis en garde jeudi contre « le risque d’armes chimiques ou bactériologiques ». Une attaque de ce type ferait « partie des risques » que court la France.


Attentats à Paris : Un « risque d’armes chimiques… par 20Minutes

Mais « toutes les précautions sont prises » pour l’éviter, a relativisé dimanche le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Il a aussi estimé qu'il est « très compliqué d’utiliser l’arme chimique à partir d’un territoire sur un autre ».

Wiiki : Que va changer l’état d’urgence pour les Français ?

Créé par une loi de 1955, l’état d’urgence correspond à un état juridique et logistique exceptionnel. Il est en vigueur jusqu’à la fin du mois de février 2016 en métropole et en outre-mer. Concrètement, les autorités peuvent limiter voire interdire la circulation de personnes dans certaines zones et mettre en place un couvre-feu. Les autorités peuvent aussi réquisitionner des personnes ou des moyens privés ; interdire certaines réunions publiques (et manifestations) ou fermer provisoirement certains lieux de réunion ; mener des perquisitions administratives (sans autorisation judiciaire) de jour comme de nuit ; assigner à résidence toute personne suspectée d’être dangereuse.

 

Les autorités peuvent aussi bloquer des sites Web et réseaux sociaux faisant l’apologie du terrorisme. Les associations ou groupements qui participent, facilitent ou incitent à la commission d’actes portant une atteinte grave à l’ordre public peuvent être dissoutes. Un article rend possible le port du bracelet électronique pour certaines personnes assignées à résidence. Elles doivent avoir été déjà condamnées pour terrorisme, terminé l’exécution de leur peine depuis moins de huit ans et donné leur accord.

>> A lire : Vos questions, nos réponses sur les attaques terroristes - 1e partie

>> A lire : Vos questions, nos réponses sur les attaques terroristes - 2e partie

Fred : Des députés ont-ils déposé un amendement pour « contrôler la presse » ? et Matt31 : Qu’en est-il de celle de recourir aux tribunaux militaires ? Conservent-ils cette possibilité ?

La loi du 3 avril 1955 stipulait que les autorités étaient habilitées à « prendre toutes mesures pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature ainsi que celui des émissions radiophoniques, des projections cinématographiques et des représentations théâtrales ». Or, dans une circulaire du 14 novembre, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a précisé que cette disposition, de même que celle accroissant le rôle des tribunaux militaires, devait être exclue de l’application de l’état d’urgence décrété par le gouvernement. Jeudi et vendredi, les députés et sénateurs ont supprimé les deux articles, dans le cadre du vote par l’Assemblée d’une prolongation de trois mois de l’état d’urgence.

Guizmo : Actuellement les forces de l’ordre sont déployées en Ile-de-France. Qu’en est-il des autres départements ?

Toutes les forces de l’ordre ne sont pas concentrées seulement en Ile-de-France, même s’il est vrai que les renforts se concentrent sur la région et Paris où se sont produites les attaques terroristes. Le plan Vigipirate s’applique sur l’ensemble du territoire. Au lendemain des attentats, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a rappelé que « 30.000 policiers, gendarmes et militaires sont engagés depuis plusieurs mois à la protection de 5.000 lieux sensibles sur l’ensemble du territoire, dans le cadre du plan Vigipirate ». En régions, les préfets ont décliné localement les mesures liées à l’état d’urgence.

>> A lire : Les grandes villes françaises, hors Paris, sont-elles protégées après les attaques ?

matt31 : Est-il envisageable en France que les services de sécurité privée qui gardent les lieux sensibles soient équipés d’armes à feu comme c’est le cas dans les pays à risque ?

Les agents de surveillance et de gardiennage ne sont en principe pas armés. Seuls certains agents le sont, sur autorisation préfectorale, et uniquement pour des armes de catégorie B (saufs armes à impulsion électrique et générateurs d’aérosols incapacitants ou lacrymogènes) ou de catégorie C (saufs armes à feu à projectiles non métalliques). Les agents chargés du transport de fonds sont, eux, obligatoirement armés d’une arme de poing.

Mais, dans un communiqué du 19 novembre, le Collège du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), qui est un établissement public dirigé par un préfet, préconise d' armer sous conditions des « agents de surveillance renforcée », tout comme certains agents de protection. Ce qui pourrait amener le gouvernement à légiférer en ce sens dans le cadre du Code de la Sécurité intérieure.