Attentats à Paris: Les réponses aux questions des internautes (1/3)

TERRORISME Les journalistes de «20 Minutes» ont répondu aux questions des internautes après les attentats de Paris...  

William Molinié

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Des policiers près du Bataclan à Paris, le 15 novembre 2015
Des policiers près du Bataclan à Paris, le 15 novembre 2015 — FRANCK FIFE AFP

Vous avez été plus d’une centaine à nous envoyer vos questions après les attentats perpétrés le vendredi 13 novembre. Nous en avons sélectionnées près d’une vingtaine. Les réponses de nos journalistes seront publiées en trois parties. Voici la première.

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Justice : Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour donner l’assaut au Bataclan, alors même que des victimes se faisaient tuer ?

L’assaut du bataclan a été relativement rapide, comparé à la prise d’otage à l’épicerie casher de Vincennes en janvier dernier qui a duré plusieurs heures. Dans cet article, nous vous expliquons en détail comment la BRI a donné l’assaut. La plupart des victimes ont été abattues avant l’arrivée des policiers d’élite. En quelques dizaines de minutes seulement, les terroristes ont eu le temps de commettre un véritable carnage. Les fragilités ne sont pas tant le délai d’intervention de la BRI que la capacité d’intervention des primo-intervenants, ces policiers de la voie publique qui n’ont certainement pas les moyens techniques et ne sont pas formés à ce type d’attaques. Très vulnérables, ils ne peuvent pas faire face très longtemps à des terroristes très armés. Pour être complet, il faut souligner qu’un commissaire de la BAC 75N a réussi à abattre un terroriste dans la fosse du Bataclan, forçant les assaillants à se retrancher au premier étage.

Ion : Que risquent les terroristes présumés interpellés ? Seront-ils emprisonnés dans des prisons classiques ?

Pour l’heure, les gardes à vue concernent uniquement des individus interpellés lors de l’assaut du RAID et de la BRI à Saint-Denis mercredi matin. Nos sources nous indiquent que parmi ces individus, certains sont sûrement des habitants qui n’ont rien à voir avec les terroristes. Les enquêteurs sont en train de vérifier leurs identités et les raisons de leur présence dans ce squat. S’il s’avère qu’ils ont aidé ces individus en sachant qu’ils étaient recherchés pour terrorisme, ils risquent d’être poursuivis pour complicité en lien avec une entreprise terroriste. Les sanctions concernant les actes de terrorisme vont de six ans d’emprisonnement à la réclusion criminelle à perpétuité selon les cas. Les peines sont presque toujours assorties d’une période de sûreté. Il n’y a pas de prison spéciale pour les individus jugés et incarcérés pour des actes de terrorisme. En revanche, au sein des établissements pénitentiaires, ils seront sûrement considérés comme des détenus particulièrement signalé (DPS), ce qui implique des restrictions drastiques en détention.

Mariane : Devons-nous craindre de nouvelles attaques ?

La France est en guerre. C’est ce que répète le gouvernement depuis vendredi dernier. La menace est toujours bien réelle. Car si Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur présumé des attaques de Paris, est bien mort, ses complices sont toujours en fuite, notamment Salah Abdeslam, suspecté d’être un des tireurs sur les terrasses des cafés.

De Saint-Denis au Bataclan, la galaxie des terroristes qui ont frappé la France

matt31 : Comment la police en est-elle arrivée à mener cet assaut à Saint-Denis ? Quelles pistes l’ont menée là-bas exactement ?

C’est un renseignement (hors Europe, sans doute marocain) reçu lundi qui a mené la sous-direction antiterroriste (SDAT) jusqu’à cet immeuble. « Tout laissait croire qu’Abaaoud y était », nous avait indiqué une source policière. Les policiers ont mené des filatures et des surveillances autour de l’immeuble. Avant d’avoir la conviction qu’Abaaoud s’y trouvait ainsi que sa cousine, Hasna Aitboulahcen.

PRINCESSE : Combien de personnes ont-elles une fiche S en France ? alexia21 : Pourquoi des gens fichés et connus des services de renseignement peuvent-ils circuler aussi librement sans contrôle ?

Il y a plus de 10.000 fiches S (« Sûreté de l’Etat ») en France. Les services de renseignement alimentent quotidiennement ce fichier qui ne vise pas que des islamistes radicaux. Il y a aussi des hooligans, des membres de groupes d’utra-gauche ou d’extrême-droite… Plus de la moitié sont fichées comme étant des islamistes radicaux ou des individus pouvant avoir un lien avec la mouvance terroriste. La fiche S est surtout destinée à attirer l’attention des forces de sécurité si l’un des fichés est contrôlé ou interpellé. Elles doivent alors en référer aussitôt aux services de renseignement.

guy59640 : Un passant aurait été tué lors de l’assaut à Saint Denis. A-t-on plus d’informations à son sujet ?

Rapidement après l’assaut du RAID à Saint-Denis, un bilan provisoire des pompiers de Paris faisait effectivement état d’un « décédé civil ».  Après avoir rappelé les pompiers ce vendredi, il s’avère que ce corps est celui d’un terroriste. « Dans nos bilans provisoires, nous faisons la différence uniquement entre les victimes civiles et les victimes militaires, policières ou d’intervention », explique-t-on, précisant qu’aucun passant ou riverain ne faisait partie des victimes décédées.

Laure : Qui est le commissaire qui est entré au Bataclan et a tué un terroriste ?

Rien ou presque n’a filtré sur son identité. Selon nos informations, il s’agit d’un commissaire de la brigade anti-criminalité (BAC) nuit de Paris. Nous avons sollicité son témoignage mais il refuse de s’exprimer et que son identité soit dévoilée dans la presse. Vous pouvez néanmoins relire notre article sur l’assaut compliqué de la BRI au Bataclan.

BLIBLIX : Pourquoi toutes les opérations d’intervention de cette semaine ont été réalisées par la BRI ? Pourquoi le GIGN est très peu présent, cela permettrait pourtant aux membres de la BRI de se reposer ?

La BRI est intervenue au Bataclan car c’est son espace géographique d’intervention. La BRI, seule force d’élite qui a aussi des compétences de police judiciaire, s’occupe de Paris et de la petite couronne. Le RAID est compétent nationalement, dans les zones police et le GIGN dans les zones gendarmerie. Régulièrement, le RAID vient en soutien de la BRI et vice-versa, ce qui était le cas au Bataclan mais aussi lors de l’assaut à Saint-Denis. Si les attaques se multipliaient rapidement et que les hommes du RAID étaient épuisés, le GIGN pourrait toujours les relayer.