Sécurité: Quelques gestes simples qui peuvent vous sauver la vie (ou celle de votre voisin)

TERRORISME Des mesures simples pour vous aider dans une situation à risque…

Audrey Chauvet

— 

Formation aux premiers secours délivrée par la Croix rouge françase.
Formation aux premiers secours délivrée par la Croix rouge françase. — CHAUVEAU NICOLAS/SIPA

Vivre avec le risque terroriste sans arrêter de vivre : le quotidien des Français est, depuis vendredi dernier, fortement impacté par les risques de répliques des djihadistes. Des mouvements de panique dans Paris, causés par des pétards ou des ampoules grillées, ont révélé l’angoisse latente de la population. « On ne peut pas empêcher la panique naturelle », reconnaît le commandant Gabriel Plus, porte-parole des Sapeurs pompiers de Paris. Mais garder à l’esprit quelques recommandations simples peut être très important si vous vous trouvez dans une situation à risque.

Dans la rue

  • Identifier la source du danger (au moins savoir d’où elle vient). Les mouvements de panique qui ont eu lieu le week-end dernier à Paris n’ont pas fait de blessés graves, mais dans une situation semblable, les pompiers appellent chacun à essayer de garder la tête froide. « Si on entend des tirs, il ne faut pas se précipiter. Il faut prendre quelques secondes de réflexion pour essayer de savoir d’où ça vient et qu’est-ce que c’est pour se mettre à l’abri au bon endroit », conseille le commandant Gabriel Plus.
  • Trouver l’endroit le plus proche pour se cacher. En cas de fusillade suspectée ou avérée, les pompiers rappellent qu’il faut toujours se baisser ou se mettre à plat ventre et trouver un abri sûr. « Le mieux, si on est dans la rue, est de pouvoir rentrer dans une habitation ou derrière une porte cochère. La vitre d’un bar ou d’un magasin ne protège pas du tout », rappelle le pompier. Si on est avec un enfant, on le tient bien par la main ou le garde près de soi pour ne surtout pas le perdre dans la pagaille, et on marche vite sans toutefois risquer de tomber.
  • Appeler les secours. Une fois que l’on est à l’abri, il faut appeler les secours, pompiers (18) et police (17). Les personnes ayant des difficultés pour entendre ou parler peuvent composer le 114. « Il faut appeler les secours et surtout ne pas penser que son voisin l’a fait : nous préférons être submergés d’appels, car cela nous permet de recroiser les informations pour savoir exactement où les faits ont lieu. »
     

>> Rappel de tous les numéros d’urgence sur le site de la Préfecture de police

Dans un endroit fermé (magasin, salle de spectacle, entreprise…)

« Tout se résume en un mot : vigilance », lance le secrétaire général de l’Union des entreprises de sécurité privée (USP). Les comportements et paquets suspects doivent être signalés rapidement à l’équipe en charge de la sécurité. « On peut faire un tour d’horizon pour voir si tout le monde est normal, explique le commandant Plus. Et repérer les issues de secours dans un endroit que l’on fréquente régulièrement, comme son supermarché, permet de cibler les issues possibles pour pouvoir lâcher son caddie et sortir rapidement. »

En cas d’alerte donnée par la sécurité de l’endroit ou par les autorités, « il faut absolument obéir aux consignes données par les agents de sécurité dont c’est le métier, rappelle le secrétaire général de l’USP. Ils donneront toutes les consignes utiles pour éviter que les personnes ne soient sur-blessées. »

En présence d’un blessé

Si vous vous trouvez à proximité d’une personne blessée, et que vous avez la possibilité de lui porter assistance, la première chose à faire est d’appeler les secours (pompiers : 18, Samu : 15). « Pendant qu’on appelle, on rassure la personne, on lui dit ce qu’on est en train de faire », conseille le pompier. Ensuite, on peut envisager des gestes de premiers secours : pose d’un garrot au-dessus de la blessure avec un tissu, parler à la personne pour qu’elle reste consciente le plus longtemps possible, identifier les blessures pour donner des informations aux secours sur l’état de la personne et leur faire ainsi gagner un temps précieux.

Si on n’a aucune notion de secourisme, on peut s’en tenir à rester près du blessé pour le rassurer. « Il ne faut pas s’improviser secouriste quand on ne sait pas faire, rappelle Cecilia Setiveau, directrice de l‘enseignement et de la formation à la Protection civile de Paris. On se contente d’appeler les secours, qui pourront alors aiguiller et donner une marche à suivre. » Pompiers et protection civile incitent chacun à se former aux premiers secours, notamment en suivant la formation PSC1, ouverte à tous.

>> Tous les lieux pour suivre une formation sur le site de la Protection civile de Paris

Qui appeler ?

En présence de blessés : le 18 (pompiers) 

En cas de tirs ou de détonations entendus : le 17 (police)

« Mais on n’en voudra à personne de se tromper », rassure le commandant Gabriel Plus. Les pompiers et la police sont en lien permanent pour être présents au bon endroit, et en nombre suffisant, selon les informations qui leur sont fournies par les témoins et/ou victimes.

La première chose que l’on vous demandera au téléphone est de vous situer géographiquement. Tâchez de savoir dans quelle rue et si possible à quel numéro vous vous trouvez. Plus ce sera précis, plus les unités de pompiers ou de police pourront localiser les faits et les personnes à secourir. « Les Parisiens sont nos yeux », note le pompier. Plus l’information est précise, plus les pompiers peuvent savoir, en recoupant les appels, s’il y a un seul ou plusieurs endroits attaqués, s’ils doivent alerter la police et les hôpitaux et combien d’hommes ils doivent mobiliser.

En résumé

« Nous engageons les gens à suivre une formation au secourisme, à avoir les numéros d’appel d’urgence sur leur portable et surtout à être solidaires entre eux », recommande le commandant Gabriel Plus, qui a pu observer, lors de la nuit du 13 novembre, que sans l’aide de médecins qui ont apporté spontanément du matériel, de passants qui leur ont prêté main forte et de voisins qui ont ouvert leur porte, le travail des secours aurait été encore plus compliqué.