Attentats de Paris: PNR, contrôles aux frontières, l'Europe présente ses mesures antiterroristes

EUROPE Réunis ce vendredi à Bruxelles, les ministres européens de l’Intérieur et de la Justice se sont accordés sur un ensemble de mesures visant à renforcer la lutte antiterroriste en Europe...

A.B. avec AFP

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Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à Bruxelles, le 20 novembre 2015
Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à Bruxelles, le 20 novembre 2015 — EMMANUEL DUNAND AFP

Une semaine après les attentats de Paris, les Etats européens, dans le sillage de la France, ont estimé vendredi que l’Europe avait « trop perdu de temps » et qu’elle devait prendre des décisions urgentes pour lutter plus efficacement contre le terrorisme. A l’occasion d’un Conseil extraordinaire de l’UE réunis ce vendredi à Bruxelles, les ministres européens de l’Intérieur et de la Justice se sont accordés sur un ensemble de mesures visant à renforcer la lutte antiterroriste en Europe.

Instaurer un PNR : un fichier de données européen des passagers aériens

Les ministres ont appelé à un renforcement des contrôles aux frontières européennes extérieures et à la mise en place urgente d’un fichier de données européen des passagers aériens (Passenger Name Record - PNR).

« Nous souhaitons que l’Europe, qui a trop perdu de temps sur un certain nombre de questions qui relèvent de l’urgence, prenne aujourd’hui les décisions qui s’imposent », a plaidé Bernard Cazeneuve à son arrivée à cette réunion convoquée à la demande de la France après les attentats.

La France insiste notamment pour que le projet d’un PNR, longtemps bloqué par des réticences du Parlement européen, « soit adopté dans les meilleurs délais » et « avec un contenu qui le rende efficace ». Le projet de PNR devrait donc aussi concerner les vols intra-européens.

Renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l’UE

Il faut aussi « un renforcement considérable des contrôles aux frontières extérieures de l’UE, par une montée en puissance des moyens de Frontex », l’agence européenne spécialisée, a déclaré Bernard Cazeneuve. Le ministre a aussi annoncé que la France maintiendrait le contrôle à ses frontières, rétabli il y a une semaine, « aussi longtemps que la menace terroriste le nécessitera (…), il en va de la protection et de la sécurité des Français dans un contexte de menace très élevé », a-t-il déclaré.

Il a jugé « essentiel » d’avoir « la possibilité au moment du passage (d’un voyageur) d’interroger le système d’information Schengen » (SIS, une base de données européenne, NDLR), « parce que c’est la seule possibilité avec le PNR d’établir la traçabilité du retour des terroristes et de pouvoir les neutraliser avant qu’ils agissent ». Ces demandes devraient être approuvées sans difficulté par tous les autres Etats réunis vendredi en Conseil de l’UE, selon une source européenne.

Le Conseil devrait inviter la Commission européenne « à présenter une proposition pour une révision ciblée de l’article 7 du Code Schengen », lequel réserve aujourd’hui les contrôles systématiques aux frontières extérieures aux ressortissants d’Etats tiers, selon les conclusions qui devraient être adoptés à la mi-journée par les ministres.

Durcir le contrôle des armes à feu

« On doit savoir qui se trouve dans l’espace Schengen », a appuyé le ministre néerlandais de la Justice, Ard Van der Steur. « Il y a un lien très clair entre la sécurité aux frontières extérieures de l’UE, et la sécurité à l’intérieur de l’UE », a également estimé la ministre britannique de l’Intérieur Theresa May, dont le pays ne fait pas partie de l’espace Schengen.

Le Conseil de l’UE va également se prononcer vendredi pour un durcissement du contrôle des armes à feu et de leurs trafics, en appuyant les récentes propositions législatives de la Commission en la matière.

La question d'une meilleure coordination du renseignement entre les Etats membres a également été abordée.