VIDEO. Attentats à Paris: Perquisitions aux domiciles des parents de la kamikaze présumée de Saint-Denis

TERRORISME «C'est un lavage de cerveau», dit la mère de la jeune femme à propos du processus de radicalisation de sa fille...

M.C.

— 

Capture d'écran d'une vidéo du Parisien montrant Hasna Ait Boulahcen, la jeune femme soupçonnée de s'être fait exploser à Saint-Denis.
Capture d'écran d'une vidéo du Parisien montrant Hasna Ait Boulahcen, la jeune femme soupçonnée de s'être fait exploser à Saint-Denis. — Le Parisien

Les enquêteurs sur les attentats à Paris ont perquisitionné jeudi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) l'appartement de la mère d'Hasna Aitboulahcen, la jeune femme soupçonnée d'être la kamikaze qui s'est fait exploser lors de l'assaut à Saint-Denis. Décrite comme «instable» par sa famille, elle est aussi la cousine d'Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats du 13 novembre mort dans l'opération antiterroriste. Une perquisition était également en cours jeudi soir au domicile du père de la jeune femme à Creutzwald (Moselle), selon des sources concordantes.

>> Suivre les événements en direct sur 20minutes.fr

>> A lire aussi: Qui est la kamikaze, probable cousine d'Abdelhamid Abaaoud?

«C'est un lavage de cerveau», a déclaré à l'Agence France Presse la mère de la présumée kamikaze à propos du processus de radicalisation de sa fille, s'exprimant jeudi en fin de matinée, avant la perquisition à son domicile. Selon son frère, qui a souhaité garder l'anonymat, la jeune femme de 26 ans s'était brutalement radicalisée il y a environ six mois, en portant le niqab. «Elle était instable, elle s'était fabriqué sa propre bulle, elle ne cherchait aucunement à étudier sa religion, je ne l'ai jamais vue ouvrir un Coran», a-t-il déclaré.

Le 11 septembre 2001, elle «applaudissait devant la télé»

Avant cela, ses proches connaissaient un «garçon manqué», en «blue jean, casquettes, lunettes», «physique quelconque». «Parfois excentrique», raconte un proche. Son surnom? «Chapeau de paille, parce qu'elle en portait souvent. Bavarde, avec la tchatche, un peu fofolle, aussi, instable: elle pouvait surgir devant toi et commencer à faire un rap». Une amie d'enfance, interviewée par le Parisien, décrit «une petite fofolle, qui avait la joie de vivre, qui profitait de la vie mais qui était dans une mauvaise passe et s'est fait influencer par ces assassins.»

Née en août 1989, à Clichy-la-Garenne, Hasna Aitboulahcen a eu une enfance maltraitée et avait été placée dans une famille d'accueil entre 8 et 15 ans. Une période «heureuse et épanouie», résume son frère. Sa mère d'accueil raconte pourtant des difficultés: «Pour moi, ça venait de chez elle», des visites une fois par mois chez ses parents, dit-elle. Elle se rappelle le 11 septembre 2001, où la fillette «applaudissait devant la télé».

«Mercredi matin, j'allume ma télé et j'apprends qu'elle se donne la mort»

Dans l'immeuble d'Aulnay où la mère de la jeune femme vit avec ses autres enfants, la kamikaze présumée avait été encore vue il y a une dizaine de jours. «Il y a trois semaines, elle a décidé de partir vivre chez une amie à elle qui vit à Drancy (Seine-Saint-Denis). Mercredi matin, j'allume ma télé et j'apprends qu'elle se donne la mort», a expliqué son frère.

>> A lire aussi: «C'est pas mon copain!», les derniers mots de la femme kamikaze

Une deuxième perquisition était en cours également jeudi soir au domicile du père de la présumée djihadiste à Creutzwald (Moselle) au nord-est de Metz. Des investigations avaient été menées la veille dans cette localité proche de la frontière allemande, où le père habite toujours, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. «Aucune interpellation ni saisie» n'avait eu lieu lors de l'intervention de mercredi, selon cette source. «Le père était absent depuis plusieurs mois» et sa fille a quitté Creutzwald «depuis des années», a-t-on ajouté.