Diesel, la chienne du Raid morte le 18 novembre 2015 lors de l'assaut à Saint-Denis.
Diesel, la chienne du Raid morte le 18 novembre 2015 lors de l'assaut à Saint-Denis. — REX Shutterstock/SIPA

POLICE

Attentats à Paris: Les chiens du Raid, des héros à poil court

Diesel, tombée lors de l’assaut à Saint-Denis le 18 novembre, était membre de l’unité cynophile de la Police nationale…

Des héros qui s’ignorent : pour la quinzaine de chiens du Raid, le quotidien est fait d’exercices, de jeux, mais aussi parfois d’actions au cours desquelles ils risquent leur vie. C’est ce qui est arrivé ce jeudi à Diesel, une femelle malinoise de 7 ans, morte pendant l’assaut contre les terroristes cachés à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Renifler ou attaquer, deux carrières possibles

Ces chiens d’élite sont formés au Centre national de formation des unités cynotechniques, en région parisienne. Recrutés alors qu’ils n’ont que 6 à 18 mois, ils sont choisis dans des élevages en fonction de plusieurs critères : « La police utilise essentiellement des bergers malinois car ils présentent le meilleur compromis entre leur puissance physique et la sensibilité de leur truffe pour détecter des substances explosives », explique Jean-Marc Tanguy, auteur de Le RAID, 30 ans d’interventions. Ce sont essentiellement des mâles qui sont recrutés, les femelles ayant une capacité de concentration jugée moindre.

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Deux carrières s’offrent ensuite aux jeunes recrues, selon leurs dispositions : soit chien renifleur, soit chien d’attaque. « Le chien de détection sert plutôt dans la protection présidentielle lors de voyages officiels : le Président est obligatoirement accompagné d’un maître-chien. Ils sont aussi présents lors des opérationsde déminage ou de détection des substances explosives », poursuit Jean-Marc Tanguy.

« Les chiens ne travaillent que pour le bonheur de leur maître »

Leurs collègues qui sont orientés vers l’attaque connaissent des situations tout aussi tendues : « Les chiens d’assaut sont utilisés pour aller détecter ce qui peut se passer sur un lieu d’action. Si on sent qu’il y a un risque pour un humain, on va envoyer le chien. L’animal va permettre à la colonne humaine qui est derrière lui de progresser en sécurité, précise Jean-Marc Tanguy. Ils sont aussi très utiles dans les situations où on ne peut pas utiliser une arme à feu : le chien peut mordre le bras ou la jambe pour immobiliser un agresseur ou quelqu’un qui cherche à fuir ».

Il ne faut toutefois pas croire que les chiens sont de la « chair à canon » envoyés en première ligne : comme l’expliquait en janvier dernier à 20 Minutes Benoît Poisson, réalisateur d’un reportage de 30 Millions d’amis sur les chiens du GIGN, « l’énorme investissement effectué sur la formation de ces chiens démontre bien qu’ils ne sont pas là pour être des fusibles qui sautent à la première intervention ». Certains chiens ont déjà été décorés pour leurs actes de bravoure, aussi bien au sein du Raid qu’au GIGN. « Certes, ça ne fait plaisir qu’au maître, mais c’est justement ce qui est touchant : les chiens ne travaillent que pour le bonheur de leur maître. Pour eux, cela reste un jeu et ils ne cherchent que le moment où leur maître va les féliciter et jouer avec eux pour les récompenser », expliquait Benoît Poisson.

Les hommages des internautes à Diesel: