Attentats à Paris: «Je veux défendre ma famille, ma patrie, être utile pour mon pays»

VOUS TEMOIGNEZ Sur la page Facebook de «20 Minutes», de nombreux jeunes internautes ont fait part de leur désir de s'engager dans l'armée...

Charlotte Murat

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L'armée a été envoyée en renfort lors de l'assaut à Saint-Denis, le 18 novembre.
L'armée a été envoyée en renfort lors de l'assaut à Saint-Denis, le 18 novembre. — KAMIL ZIHNIOGLU/SIPA

« Voir tout ce qui se passe en France me rend folle. J’ai envie d’aider la France, de combattre, d’aller sur le terrain. » Comme beaucoup de jeunes, Alicia songe à s’engager dans l’armée pour prendre les armes contre Daesh. Depuis les attentats à Paris, les demandes sur le site Internet sengager.fr de la Défense ont triplé, passant de 500 à 1500 par jour. Sur la page Facebook de 20 Minutes, les jeunes ont également été nombreux à exprimer leur désir d’engagement.

Attentats de Paris: Grosse affluence dans les centres de recrutements de l'armée française

Marina, 18 ans, a rendez-vous dans une semaine avec le CIRFA (Centre d’information et de recrutement des forces armées) de Lyon. « La France a besoin de nous plus que jamais, explique-t-elle. On est la jeunesse de la France. C’est nous qu’ils ont voulu toucher, mais on va les combattre. » Fille de militaire (son père est mécanicien dans l’armée de l’air), la jeune femme tout juste majeure mûrit son projet depuis longtemps. Les attentats n’ont fait que renforcer son désir d’engagement.

Les attentats de Paris, un «électrochoc»

Tout comme Mandy. Après des démarches avortées pour rentrer dans l’armée de terre lorsqu’elle avait 19 ans, la jeune femme de 26 ans a une nouvelle fois rempli un dossier. « J’habite Castres et on avait déjà été très choqués par les assassinats de Mohamed Merah à Toulouse. Je n’ai pas envie que mes neveux et mes nièces grandissent dans un monde comme celui-ci, dans l’horreur. Je veux défendre ma famille, ma patrie, être utile pour mon pays. »

« Les attentats de Paris ont agi comme un électrochoc », renchérit Guillaume, 27 ans. Dès lundi, il a signé un contrat pour faire partie de la réserve opérationnelle des pompiers de Paris – qui sont des militaires, tout comme les pompiers de Marseille -. Pompier professionnel et volontaire dans les Yvelines, Guillaume commencera à prendre des tours de garde à Paris « dès la semaine prochaine. »

«Faire la guerre ne me fait pas peur»

En alerte dans sa caserne le soir des attentats en attente d’un éventuel besoin de renfort à Paris, Guillaume a très mal vécu cette nuit. « J’aurais préféré être là-bas et pouvoir faire quelque chose. Dans le cadre de l’état d’urgence, c’est la réserve opérationnelle qui est envoyée en premier lorsqu’il y a un événement comme ceux de vendredi dernier. S’il se repasse quelque chose, nous serons donc les premiers à porter secours aux victimes. »

Porter secours aux victimes, c’est une chose, mais qu’en est-il de faire la guerre ? De partir en opération extérieure ? « Faire la guerre pour défendre la paix, ça ne me dérange pas », assène Marina. Elle veut intégrer l’école de formation des sous-officiers de Rochefort et travailler plus tard dans le renseignement. Mandy, elle, se voit maître-chien dans l’armée de terre. « J’ai été élevée dans ce milieu, je sais à quoi m’attendre. » Et pour cause, sa mère était réserviste dans le 8e RPIMa (régiment de parachutistes d’infanterie de marine) à Castres. Son beau-père en est retraité, son meilleur ami y sert et deux de ses sœurs ont épousé des militaires de ce régiment. « Mon beau-père et mon meilleur ami ont fait l’Afghanistan [8 parachutistes de ce régiment sont morts dans l’embuscade d’Uzbin en 2008]. Ils m’ont raconté, je sais ce c’est que faire la guerre. Ça ne me fait pas peur. »