Attentats à Paris: Des vidéos amateurs se vendent sous le manteau

MEDIAS Selon les journalistes, un véritable marché parallèle des images de l'assaut de Saint-Denis s'est mis en place à Paris mercredi...

20 Minutes avec agence

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Opération antiterroriste à Saint-Denis le 18 novembre 2015.
Opération antiterroriste à Saint-Denis le 18 novembre 2015. — KAMIL ZIHNIOGLU/SIPA

Des amateurs qui tentent de vendre leurs vidéos aux médias les plus offrants. Le phénomène, autrement appelé « version connectée du profiteur de guerre » par le Journal du Dimanche, présent sur les lieux de recueillements des attentats de Paris, n’est pas nouveau mais aurait « frappé » les journalistes du Petit Journal (Canal +), par son ampleur, mercredi à Saint-Denis pendant l’assaut contre « un appartement conspiratif ».

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Même constat du côté des journalistes de France Télévisions qui parlent de « discret marché de vidéo amateur », ou de Pascal Jalabert, rédacteur en chef de l’agence d’informations générales Ebra.

 

Des vidéos proposées « à la sauvette »

Sur Twitter, les professionnels de l’information s’agacent et s’avouent parfois choqués par ce phénomène qui prend de l’ampleur moins d’une semaine après les attaques terroristes parisiennes. Ainsi le journaliste France Télévisions, Kocila Makdeche, raconte sur Twitter :

 


En voyant le reportage du Petit Journal, on s’aperçoit que d’autres « revendeurs » d’images se cachent beaucoup moins et se permettent même de négocier des vidéos « exclusives » prises avec leur smartphone avant même que les médias ne soient dépêchés sur place.

Ce matin, les chaînes d’informations en continu diffusaient d’ailleurs un de ces documents amateurs dans lequel on entendait clairement le bruit des armes automatiques, les échanges de mots entre les forces de l’ordre et les terroristes, ou les dernières paroles de la femme kamikaze.

« Il ne faut pas rentrer dans une course au spectaculaire »

« Nous ne sommes pas contre le principe d’acheter certains documents. Mais il ne faut pas rentrer dans une course au spectaculaire, ni dans une course aux enchères. Et il faut que le document apporte une info », explique alors au Monde Hervé Béroud, directeur de la rédaction de BFM-TV.

Ces témoignages de journalistes ne veulent pas dire que toutes ces images diffusées aujourd’hui ont été achetées par les chaînes de télévision. Preuve en est, beaucoup d’entre elles circulaient déjà via les réseaux sociaux avant d’être reprises par i-Télé et compagnie.

 

A ce propos, Petit Journal note d’ailleurs, images à l’appui, que les médias anglo-saxons sont les premiers à acheter ce genre de vidéos. Et de filmer une journaliste de la BBC (le service public audiovisuel britannique) versant plusieurs centaines d’euros pour s’offrir quatre documents. Interrogée dans la foulée, elle nie avoir déjà payé pour des images…