Attentats à Paris: Comment les grands magasins renforcent leur dispositif de sécurité

TERRORISME Les grands centres commerciaux parisiens veulent rassurer leurs clients...

Nicolas Beunaiche

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Le Printemps-Haussmann, à Paris, le 17 novembre 2015.
Le Printemps-Haussmann, à Paris, le 17 novembre 2015. — BERTRAND GUAY / AFP

« La vie continue ». De passage aux Galeries Lafayette et au Printemps, ce jeudi matin, la secrétaire d’Etat au Commerce, Martine Pinville, est venue soutenir le personnel et rassurer les clients des grands magasins, près d’une semaine après les attentats qui ont frappé Paris. Avec un message, surtout : les Français y sont en sécurité.

Depuis vendredi, le gouvernement est à pied d’œuvre pour renforcer la surveillance des hauts lieux du commerce français. Dès samedi, la cellule de continuité économique, en sommeil depuis 2010, a été réactivée pour informer les différents acteurs des mesures à prendre, notamment en matière de sécurité. Aucune fermeture n’a été exigée, hormis celle du marché de Noël sur les Champs-Elysées, qui a finalement rouvert mercredi. Mais le principe d’un renforcement des conditions d’entrée dans les centres commerciaux a évidemment été acté.

Impossible toutefois de prévoir un plan d’action global. « On ne peut pas mettre des portiques à tout endroit et je pense que ce sont des mesures de sécurité et de vigilance adaptées à chacun des sites qui sont nécessaires », a ainsi indiqué le préfet de police, Michel Cadot. Aux grandes enseignes de s'organiser, en coordination avec les autorités.

«Les clients sont à cran»

Au Printemps-Haussmann, des « mesures extrêmement nombreuses » ont été prises, selon Pierre Pelarrey, son directeur général. Parmi elles, « le renforcement du filtrage aux portes, avec vérification systématique des sacs, et le doublement des effectifs de sécurité, ce qui permet des rondes d’agents en civils dans les magasins ainsi qu’à l’extérieur, au niveau des vitrines ».

Aux Halles et aux Quatre-Temps, à la Défense, que France 2 désigne comme une des cibles que visait le commando neutralisé mercredi à Saint-Denis, même chose. « La surveillance des endroits stratégiques a été accrue, l’inspection visuelle des objets personnels des clients a été systématisée et les effectifs de sécurité et de police ont été renforcés », détaille Unibail-Rodamco, qui s’occupe de ces deux centres commerciaux, mais aussi de Parly 2, de So Ouest, de Rosny 2 ou encore du Carrousel du Louvre. Soit « un niveau de sécurité jamais atteint », selon le groupe.

L'enjeu de la sécurité... et de Noël

Tous les centres commerciaux que nous avons contactés évoquent des mesures similaires. Mais leurs responsables savent aussi qu’il faudra du temps pour rassurer les clients qui ont quelque peu délaissé les rayons des magasins depuis vendredi. Au Printemps, une baisse de fréquentation de 30 % a ainsi été enregistrée, tandis que les Galeries Lafayette avancent même un chiffre de -50 %. « Les clients sont à cran en ce moment, il va falloir les rassurer », explique un porte-parole de Citadium, le magasin situé près de Saint-Lazare où « un enchaînement de fausses alertes » a provoqué l’arrivée des policiers, mercredi.

Pour les aider, les autorités ont prévu de poursuivre leur effort. « Nous allons renforcer le dispositif [de sécurité] à partir de demain [vendredi] et samedi puisque nous attendons l’arrivée de 1.500 militaires que le président de la République a affectés sur la région parisienne. Nous allons les dédier à des missions de sécurisation dynamique par des patrouilles », a indiqué le préfet. Déjà important durant les fêtes chaque année, le dispositif de sécurité sera encore durci autour des Galeries Lafayette et du Printemps, a-t-il ajouté.

L’enjeu sécuritaire est de taille pour la France. Mais pour le gouvernement et les centres commerciaux, la question est aussi économique. Car s’ils se sentent menacés dans les magasins, les Français pourraient bien se tourner encore davantage vers les sites Internet pour leurs achats de Noël.