Abdelhamid Abaaoud,le cerveau des attentats de Paris est mort

ENQUETE «Le boucher de Raqqa» est soupçonné d'avoir organisé les attentats terroristes qui ont fait 129 morts vendredi à Paris et d'en avoir projeté d'autres...

M.P.

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Photo d'Abdelhamid Abaaoud, en Syrie
Photo d'Abdelhamid Abaaoud, en Syrie — SIPA

On ne le verra plus rire dans des vidéos de propagandes de Daesh ou donner des interviews au magazine édité par le groupe terroriste. Abdelhamid Abaaoud a été formellement identifié ce jeudi parmi les terroristes tués lors de l’assaut des forces de l’ordre à Saint-Denis, mercredi.Son corps, « criblé d’impacts », a été « formellement identifié (…) après comparaison » des empreintes digitales, a précisé le procureur François Molins. « On ignore par ailleurs à ce stade si Abaaoud s’est fait - ou non - exploser », a indiqué le parquet.

Son surnom, le « boucher de Raqqa »

Ce Belge de 28 ans, né dans la fameuse commune de Molenbeek, est soupçonné d’être le commanditaire des attentats de Paris, qui ont fait 129 morts. Il s’agit de l’un des djihadistes européens les plus « connus » des services de renseignements, au pedigree inquiétant : Abou Omar al-Baljiki, son nom de guerre, était derrière les attentats déjoués de Verviers (Belgique) en janvier dernier. Les services le soupçonnent aussi d’être impliqué dans l’attentat déjoué de Villejuif, dans l’attaque du Thalys, mais aussi dans l’attaque contre le musée juif de Bruxelles menée par Mehdi Nemmouche. En Syrie, il a acquis assez vite le surnom du « boucher de Raqqa ».

Il avait fait la une des journaux belges début 2014 après avoir emmené en Syrie son petit frère Younes, 13 ans, surnommé « le plus jeune djihadiste du monde » par certains médias. Après que deux djihadistes sur le point de commettre un attentat avaient été tués par les forces de l’ordre à Verviers, il avait nargué la Belgique en donnant une interview au journal de Daesh : « J’ai pu partir et venir à el-Cham (en arabe la Grande Syrie ou sa capitale Damas) malgré la chasse menée par tant de services de renseignement », se félicitait-il.

Au fil des mois, Abdelhamid Abaaoud avait acquis de plus en plus d’importance au sein de l’organisation Etat islamique. « Il faut bien comprendre qui est cet homme, c’est le visage le plus connu du djihad francophone. Son visage s’affichait l’année dernière pendant plusieurs jours en permanence sur toutes les chaînes d’info en France. C’est quelqu’un qui en 2013 et 2014, sur sa propre page Facebook, sous sa vraie identité, postait des vidéos de lui sur le front syrien, lance-roquettes à la main, pour appeler les gens à le rejoindre », expliquait mercredi sur France Info le journaliste spécialiste de Daesh David Thomson.

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Sa perte est forcément un coup porté au mouvement, comme le souligne cet expert, notamment en raison de ses connaissances en matière de gilets explosifs :