Etats-Unis: 50% des jeunes Afro-Américains pensent qu'ils n'atteindront pas les 35 ans

ETUDE Selon les sociologues, racisme et discrimination seraient des sources de stress et donc de chute de l'espérance de vie...

20 Minutes avec agences

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Un manifestant porte dans le dos l'inscription «les vies des Noirs comptent», à Washington, le 10 octobre 2015.
Un manifestant porte dans le dos l'inscription «les vies des Noirs comptent», à Washington, le 10 octobre 2015. — Evan Vucci/AP/SIPA

Seul un jeune Afro-américain sur deux estime qu’il atteindra l’âge de 35 ans. Ce chiffre est encore plus faible pour les jeunes Américains d’origine mexicaine qui sont seulement 38 % à penser qu’ils dépasseront les 35 ans.

Selon une étude publiée, ce mercredi, dans l’édition de décembre du Journal of Health and Social Behavior et qui met en lumière la fracture raciale aux Etats-Unis, 66 % des jeunes Blancs se disent, en revanche, « presque certains » de vivre au-delà des 35 ans.

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La peur de la persécution, de l’expulsion, racisme et discrimination

« Les Blancs ne sont pas confrontés au racisme et à la discrimination, au niveau institutionnel ou individuel, dont sont victimes les immigrants et les Américains issus des minorités ethniques ou raciales, et qui menacent leur santé, leur bien-être et leur espérance de vie réelle ou pressentie », commente l’une des auteurs de l’enquête, Tara Warner.

Selon cette sociologue de l’Université du Nebraska-Lincoln, des expériences telles que « la peur de la persécution et/ou de l’expulsion » peuvent être « sources de stress chronique pour les personnes issues des minorités ethniques ou raciales », comme pour les immigrants de tout âge.

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Une première étude sur la perception de l’espérance de vie en fonction de l’ethnie

L’étude intitulée « Espérance de vie des adolescents : variations selon la race, l’ethnicité, et l’origine », est décrite par ses auteurs comme le premier document sur la perception de l’espérance de vie en fonction de l’ethnie ou de l’origine.

« Notre plus grande surprise a été de découvrir que les jeunes d’origine mexicaine étaient les plus pessimistes sur leur espérance de vie, encore plus pessimistes que les jeunes noirs », signale Tara Warner, qui, avec Raymond Swisher, professeur de sociologie à l’université Bowling Green, s’est basée sur une enquête nationale réalisée auprès de 17.100 personnes âgées de 12 à 25 ans*.

Lien entre espérance de vie et conduites violentes

A la surprise de deux experts, les jeunes Américains d’origine cubaine s’avèrent être plus optimistes, ce qui, selon la sociologue, pourrait être lié à leur situation économique relativement avantagée par rapport aux autres minorités.

Pour les chercheurs, il est essentiel de comprendre comment les jeunes perçoivent leur espérance de vie, car cela a un impact sur la manière dont ils envisagent leur avenir et risque de conduire à la violence ceux qui « n’espèrent pas vivre longtemps ».

*Les deux sociologues ont limité leur étude aux jeunes s’identifiant comme blanc, noir, mexicain, portoricain, cubain ou asiatique.