VIDEO. Assaut à Saint-Denis: Les kamikazes djihadistes, un phénomène au féminin

TERRORISME Alors qu’une kamikaze djihadiste s’est fait exploser ce mercredi lors d’un assaut à Saint-Denis, retour sur le phénomène de ces femmes qui se suicident en combattant…

Anne-Laëtitia Béraud

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La kamikaze palestinienne Fatma Al-Najar, qui s'est fait exploser près de soldats israéliens à la fin  novembre 2006.
La kamikaze palestinienne Fatma Al-Najar, qui s'est fait exploser près de soldats israéliens à la fin novembre 2006. — LEVINE HEIDI/SIPA

Cinq jours après les attentats de Paris, une femme s’est fait exploser ce mercredi matin lors d’un raid à Saint-Denis. Cette opération visait Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats de vendredi. Cette femme « a activé son gilet explosif au début de l’assaut » du Raid, a annoncé le procureur de la République de Paris. C’est un acte sans précédent en France.

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Si les femmes terroristes sont bien présentes dans les rangs de Daesh, elles restent pour l’immense majorité loin du front, selon le journaliste de RFI David Thomson, auteur d’une enquête sur Les Français djihadistes. Et l’utilisation d’une kamikaze est une première pour Daesh.

Des femmes kamikazes chez « les Libanais, les Palestiniens, Al-Qaïda ou les Tchétchènes »

« La religion musulmane condamne en principe formellement le suicide, et pour les musulmans c’est d’autant plus condamnable que ce n’est pas le rôle qui leur est culturellement attribué », précise à l’AFP la chercheuse Fatima Lahnait. Auteur du rapport Femmes kamikazes, le djihad au féminin publié par le Centre français de recherche sur le renseignement, elle précise que ce principe « a été régulièrement contourné, notamment par les Libanais, les Palestiniens, Al-Qaïda ou les Tchétchènes ».

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Parmi elles, Sana Khyadali, une Libanaise de 16 ans, précipite en 1985 sa voiture piégée contre un convoi israélien, tuant deux soldats. Muriel Degauque, jeune Belge convertie à l’islam, se fait sauter en novembre 2005 en Irak, au passage d’un convoi américain. Entre 1985 et 2006, « plus de 220 femmes kamikazes se sont sacrifiées, ce qui représente près de 15 % du total des kamikazes recensés », précise la chercheuse dans son rapport.

Orient mais aussi Russie touchés

Le Proche et le Moyen-Orient ne sont pas les seules zones touchées. Les kamikazes tchétchènes, surnommées les « veuves noires », sèment la mort en Russie durant les années 2000. En juillet 2003, deux kamikazes tuent 18 personnes lors d’un festival de rock. En 2010, deux femmes se font sauter dans le métro de Moscou, tuant 39 personnes. L’une des deux, Djennet Abdourakhmanova, 17 ans, est la veuve d’Oumalat Magomedov, surnommé « l’Emir du Daghestan ».

Actuellement, le groupe djihadiste Boko Haram utilise le plus de femmes kamikazes. Ce sont principalement des adolescentes, voire des fillettes. Une enfant de 7 ans a fait exploser une bombe qu’elle portait sur elle en février 2015 dans un marché de la ville de Potiskum, dans le nord-est du Nigeria, tuant cinq personnes. Et le 25 août 2015, une adolescente s’est fait exploser dans la ville de Damaturu dans le nord-est du Nigeria, tuant cinq personnes et en blessant trente autres.

>> Les femmes kamikazes, nouvelle arme de terreur de Boko Haram