Attentats à Paris: «Il allait exploser d’un jour à l’autre», témoigne la mère de Bilal Hadfi

TEMOIGNAGE Fatima Hadfi avait raconté au début du mois à la Libre.be comment son fils s’est radicalisé depuis janvier dernier…

R.S.

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Photo non datée d'un des kamikaze Bilal Hadfi, qui s'est fait exploser devant le Stade de France
Photo non datée d'un des kamikaze Bilal Hadfi, qui s'est fait exploser devant le Stade de France — - OFF

Comme elle le redoutait depuis de longs mois, la mère de Bilal Hadfi, Fatima Hadfi, a appris le passage à l’acte de son fils dans la foulée des attentats de Paris. Interrogée par la Libre.be au début du mois de novembre, elle évoquait déjà son inquiétude concernant celui qui a activé sa ceinture d’explosifs aux abords du Stade de France. « Une cocotte-minute » selon ses propres mots. « J’avais l’impression qu’il allait exploser d’un jour à l’autre. »

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Résidant en Belgique, à Bruxelles, son fils cadet était étudiant en électricité à l’institut Anneessens Funck, était parti pour la Syrie le dimanche 15 février 2015, sans aucun avertissement à sa famille, indique le quotidien belge.

« Moi je trouvais cela positif qu’il se repente »

Avant ce départ, Bilal Hadfi a pris le temps de saluer sa mère. « Quand il est venu à la maison, il avait les yeux rouges. Il m’a prise dans ses bras. Il savait que c’était un départ sans retour. On a dû lui donner quelque chose pour gérer car il n’était pas dans son état normal », témoigne Fatima Hadfi qui croit alors son fils en partance pour le Maroc où est enterré son père depuis huit ans.

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Elle apprendra quelques jours plus tard, par sa fille, que le futur kamikaze est en réalité en Syrie. Elle se demande alors comment elle « n’a rien vu venir ». Son fils s’est bien radicalisé en quelques mois. A posteriori, elle comprend pourtant certains changements de comportements chez son fils. « Il a arrêté les cigarettes, le shit un mois avant. Il jeûnait le lundi et le jeudi pour demander pardon à Dieu. Moi je trouvais cela positif qu’il se repente et qu’il ne soit plus dans l’alcool et les joints. »

« J’ai peur que tu meures et que tu ailles en enfer »

Un peu plus tard, alors qu’elle a son fils au téléphone depuis la Syrie, celui-ci semble parler sous surveillance. Il lui assure qu’il a « pris vingt ans ». Il fait aussi part à sa mère de son inquiétude en la laissant en Belgique : « J’ai peur que tu meures et que tu ailles en enfer parce que tu vis dans un pays de kouffar [ceux qui ne sont pas croyants]. » Jusqu’au bout Fatima Hadfi a espéré ramener son fils à la raison. Elle n’a d’ailleurs pas prévenu la police, de peur de ne jamais le revoir, en cas d’interdiction de retour sur le territoire belge.