Saint Hoax: «Je suis un artiste syrien. J’ai dû abandonner mon nom, ça valait le coup»

ILS POSENT CA LA L’artiste syrien, Saint Hoax, envahit nos colonnes pour dénoncer les problèmes de sociétés…

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Saint-Hoax dénonce les violences conjugales
Saint-Hoax dénonce les violences conjugales — Saint-Hoax

«Il était une fois, avant la prise de pouvoir des réseaux sociaux, la seule manière de faire entendre sa voix fut la presse écrite. Il y avait quelque chose d’éternel dans ce média. Peut-être à cause de son caractère tangible ou de l’odeur de l’encre fraîchement imprimée, qui éveille la nostalgie. Dans un monde en constante évolution où rien ne semble durer, comment refuser de participer à une forme éternelle ?

20 Minutes m’a demandé de m’emparer de son journal. Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi me présenter.

En janvier 2014, j’ai créé un pseudonyme, Saint Hoax, pour publier mon travail. Avec ça, j’ai été en mesure de créer une plateforme pour exprimer mes idées librement, sans être chassé. Je suis un artiste syrien, activiste sociopolitique, je suis né et j’ai grandi dans le Moyen-Orient. Dans ma région, l’art est applaudi tant qu’il n’est pas perçu comme provoquant. Mais je voulais faire du bruit, être absurde et coloré dans une ville où tout est gris. Saint Hoax a commencé comme une extension de mon vrai moi. Et deux ans plus tard, je suis devenu une extension de Saint Hoax.

Il y a toujours un prix à payer quand on veut se libérer des chaînes sociales. J’ai dû abandonner mon nom. Ça valait le coup.

Mon travail se concentre sur la politique et la pop culture, comme j’aime l’appeler « Poplitical culture » (culture poplitique). Je suis épris des effets de la pop culture sur les gens et des effets des gens sur la pop culture. Une quantité peut d’ailleurs s’infiltrer dans mon travail et être perçue comme trivial. Mais ce que je fais vraiment c’est décrire la culture populaire grâce à des visuels graphiques. Dans dix ans, quand quelqu’un fera défiler mes archives, il aura une idée précise de notre génération et de ce dont il était vraiment question. La déconstruction des standards de beauté et de genre est un thème central dans mon œuvre. La période du « bleu pour les garçons et rose pour les filles » est terminée. J’ai tendance à visualiser un monde où un garçon peut être une princesse et une fille n’a pas besoin d’un prince pour la réveiller.

Un monde où on ne détourne pas les yeux devant des sujets comme la violence domestique, le désordre alimentaire et la cruauté envers les animaux. J’ai décidé de ne plus garder mes distances avec les choses qui se déroulent autour de moi. Juste parce que certains décident de jouer les aveugles ne signifie pas qu’elles n’ont pas lieu ». 

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