Attentat à Paris: Le récit du sauvetage des otages au Bataclan par la BRI

TERRORISME Vendredi soir, les terroristes ont utilisé des otages pour tenir les forces d’intervention à distance dans la salle de spectacle du Bataclan…

William Molinié

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La BRI près du Bataclan.
La BRI près du Bataclan. — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

Il est 22h15, vendredi soir, quand la colonne de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de la police judiciaire de Paris arrive au pied du Bataclan. Un commissaire de la BAC 75N vient d’abattre un terroriste dans la salle de concert avant de se replier. En entrant au rez-de-chaussée, les hommes de l’unité d’élite de la préfecture de police font face à un « silence de mort ».

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Pas un seul coup de feu. Ni de trace des terroristes. D’ailleurs, les policiers de la BRI croient, c’est en tout cas ce qu’on leur a dit, que les auteurs des tirs sont en fuite. Au sol, dans la fosse, des centaines de personnes. Grièvement blessées ou déjà mortes. A la vue des policiers, par petites grappes, les rescapés se lèvent et sortent, « doucement, sur la pointe des pieds », raconte à 20 Minutes un policier. L’opération d’exfiltration durera plusieurs dizaines de minutes. Un temps nécessaire pour sécuriser le rez-de-chaussée et évacuer les survivants.

Cinq appels entre le négociateur et les terroristes

Rejoints par leurs collègues du Raid venus en appui, les hommes de la BRI explorent alors le premier étage. Là encore, pas à pas, puisque le risque de voir un terroriste sortir d’un balcon « était bien réel ». Dans la première pièce du couloir de gauche, des « gens terrorisés » sortent discrètement à la vue des policiers.

A 23h15, les hommes de tête se retrouvent face à une nouvelle porte. Derrière, les deux terroristes se servent d’un otage et le forcent à crier. « Il disait qu’ils étaient une vingtaine. Que les terroristes allaient les décapiter, qu’ils avaient des ceintures d’explosifs », poursuit une source policière. Les terroristes communiquent par ce biais un numéro de téléphone portable. Un négociateur tente alors de rentrer en contact avec eux. En 50 minutes, cinq appels seront passés entre les policiers et les terroristes. Des contacts qui n’aboutiront pas.

Le bouclier de tête de la BRI utilisé pendant l’assaut au Bataclan (document 20 Minutes) :

Tirs nourris

Entre-temps, la colonne d’assaut se consolide. Le chef de la BRI obtient du préfet de police l’accord pour donner l’assaut. « Il fallait faire vite. Il y avait un risque qu’ils se fassent sauter », raconte un cadre de la préfecture de police. Vers 0h20, les policiers profitent d’un moment supposé d’inattention pour lancer l’assaut. Immédiatement, les terroristes font feu, repliés derrière les otages.

Aux rafales de tirs, les policiers ripostent avec des grenades détonantes. La colonne progresse en exfiltrant un à un les otages pris au piège. Les tirs sont nourris. Une trentaine d’impacts seront retrouvés sur le bouclier de tête. Plus tous ceux qui se logent dans les murs, le plafond, au sol, dans la main d’un des policiers.

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Des otages entre les terroristes et les policiers

L’assaut dure trois minutes. Une éternité durant laquelle les otages se retrouvent au milieu des tirs, entre les policiers et les terroristes. Une ombre passe la tête dans le champ des policiers. Les tirs pleuvent. Immédiatement, presque simultanément, s’ensuit une forte détonation. Les ceintures des deux terroristes ont explosé.

Les vingt otages qui se trouvaient entre la BRI et les terroristes sont sains et saufs. Rapidement, d’autres sortent de leurs cachettes. Du faux plafond, de gaines techniques, sous les tables, entre les rangées de sièges. Un enfant est aussi retrouvé.