Attentats à Paris: Recherché, Samy Amimour est rentré en France pour se faire exploser

ENQUETE Originaire de Drancy (Seine-Saint-Denis), cet homme avait été mis en examen en 2012 après un projet de départ avorté vers le Yémen…

V. Vantighem et W. Molinié

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Samy Amimour, 28 ans, était parti il y a deux ans s'installer en Syrie d'où son père avait vainement tenté de l'exfiltrer
Samy Amimour, 28 ans, était parti il y a deux ans s'installer en Syrie d'où son père avait vainement tenté de l'exfiltrer — HO / Famille Amimour / AFP

Comment un homme visé par un mandat d’arrêt international a-t-il pu voyager de la Syrie vers la France afin de commettre un attentat sans être repéré ? « C’est une vraie question, reconnaît une source proche de l’enquête sur les attentats de Paris. Pour l’instant, on n’a pas de réponse… »

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Identifié comme étant l’un des kamikazes du Bataclan, Samy Amimour, 28 ans, n’est pas un inconnu des services de police. Originaire de Drancy (Seine-Saint-Denis), il avait été mis en examen en octobre 2012 après « un projet de départ avorté vers le Yémen », assure le parquet de Paris. N’ayant plus de nouvelles de lui malgré son contrôle judiciaire un an plus tard, les autorités françaises ont donc, à l’époque, émis un mandat d’arrêt international.

Des retrouvailles avec son père très froides en Syrie

Ancien chauffeur de bus à la RATP, Samy Amimour avait alors déjà rejoint les rangs de Daesh en Syrie. « Il n’aurait jamais dû se trouver au Bataclan samedi soir mais en prison, tranche auprès de 20 Minutes, Jean-Christophe Lagarde, le maire (UDI) de Drancy. Il s’est radicalisé dans une mosquée du Blanc-Mesnil, cité Casanova, qui est en fait un centre de recrutement, connu et identifié par les services de renseignement. »

Azzédine, le père du jeune homme peut en témoigner. Ayant appris la présence de son fils en Syrie, il décide de le rejoindre, en juin 2014, afin de le convaincre de rentrer en France. Non sans mal, cet homme parvient à le retrouver, comme l’a longuement raconté Le Monde, dans un article édifiant.

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« C’était des retrouvailles très froides, témoigne-t-il. Il ne m’a pas emmené chez lui, ne m’a pas dit comment il s’était blessé à la jambe, ni s’il combattait… » Azzédine fait le chemin inverse après avoir découvert que son fils s’était marié et qu’il n’avait aucune volonté de rentrer en France où il aurait forcément fini en prison.

Il prend un nom de « guerre »

Un temps baptisé Abou-Missa (du nom de son chat), le jeune homme prend alors, toujours selon Le Monde, le nom d’Abou Hajia (la guerre), ce qui en dit long sur ses intentions.

Vendredi soir, il faisait partie des terroristes qui ont tué 89 personnes dans l’enceinte du Bataclan. Trois personnes de son entourage proche ont été placées en garde à vue afin de savoir, notamment, comment il a pu revenir en France, sans jamais être inquiété.

Drancy, le 16 novembre 2015. Les parents de Samy Amimour, l’un des kamikazes du Bataclan, ont été placés en garde à vue. - BERTRAND KLEIN/AFP