Attentats à Paris: Les nouveaux hoax et les rumeurs à ne pas croire

TERRORISME Les fausses informations sur les attentats continuent de se propager sur les réseaux sociaux...

Journaliste afp

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Message posté le 15 novembre 2015 sur Twitter à propos d'un pseudo-djihadiste victime d'un photomontage.
Message posté le 15 novembre 2015 sur Twitter à propos d'un pseudo-djihadiste victime d'un photomontage. — TWITTER

La photo du Bataclan avant la prise d’otages, la prophétie du pseudo-djihadiste, le feu de joie des migrants à Calais… Tous ces posts viraux ont inondé vos timelines sur les réseaux sociaux depuis vendredi soir et les attentats qui ont frappé Paris. Ils reposaient tous sur des mensonges, comme nous vous le disions samedi dans un premier article. Loin de se calmer, malgré le risque de trouble à l’ordre public qu’ils peuvent causer – les mouvements de panique de dimanche sont dans toutes les têtes -, les mauvais trolls, les internautes un peu naïfs et les complotistes ont continué leur œuvre de désinformation. 20 Minutes liste les derniers hoax.

L’alerte au virus informatique

Un message circule actuellement par SMS et par mail. Citant comme source tantôt un « service de cybercriminalité du ministère de la Défense » (qui n’existe pas) tantôt Europe 1, ce message assure qu’une photo de bébé avec un bracelet de naissance « on est tous Paris », reçue par des internautes, permettrait de diffuser un virus informatique.

Evidemment, aucune source officielle ne l’a jamais confirmé. A la suite des attentats de janvier, des mails contenant une photo d’un bébé avec un bracelet sur lequel était inscrit « je suis Charlie » avaient bel et bien circulé, et la rumeur avait pointé du doigt ces messages comme des virus. Ce qui était faux, du moins en grande partie.

La présence de terroristes à Melun

Dimanche soir et lundi, le bruit selon lequel des terroristes se trouveraient à Melun (Seine-et-Marne) a gagné Twitter.

En cause, un article publié via le site actualite.co, qui permet de créer des blagues, et qui citait l’édition locale du Parisien. Le quotidien a réagi en dénonçant un « canular de mauvais goût ». Au-delà de Twitter, « la rumeur a créé la panique chez de nombreux habitants, parents d’élèves, la mairie et le commissariat se sont retrouvés submergés d’appels », précise Le Parisien, qui pourrait porter plainte.

Le héros SDF victime d’une fusillade

Dimanche, en milieu de journée, Floyd Mayweather est devenu un SDF parisien, un héros et une victime des attentats. Oui oui, le boxeur américain. Tout ça par la magie d’un tweet.

Des internautes lui répondent très rapidement que le prétendu sans domicile fixe est le boxeur le plus célèbre des dix dernières années et que son tweet est tout simplement horrible. Mais d’autres, malgré la mention « mugshot » sur le cliché (photo prise au moment d’une arrestation) mordent à l’hameçon : plus de 5.00 retweets depuis dimanche.

Le héros du Stade de France

L’histoire était là encore très belle, mais elle est surtout complètement inventée. Dimanche, une internaute anglophone tweete un message sur l’héroïsme d’un agent de sécurité du Stade de France, où se sont produites trois explosions vendredi soir. Selon elle, Zouheir aurait sauvé la vie de centaines de personnes, dont celle du Président Hollande, en détectant le gilet explosif du kamikaze et en empêchant l’un des terroristes d’entrer dans l’enceinte.

En réalité, si ce Zouheir est bien agent de sécurité à Saint-Denis, il se trouvait près du tunnel de l’entrée des joueurs au moment de l’explosion, selon le témoignage qu’il a livré au Wall Street Journal. Il n’a donc pas été témoin de cet épisode, qui lui a été rapporté par des collègues. Ce qui n’a pas empêché plus de 30.000 personnes de retweeter le message faisant de lui un héros.

L’expert en jeux vidéo transformé en djihadiste

Veerender Jubbal se présente sur Twitter comme un journaliste, un aficionado de la grammaire, un critique de jeux vidéo, entre autres choses. A part ça, il aime publier des photos de lui. C’est justement l’une d’elles qui a été détournée sur Twitter. Sur le cliché de départ, on le voit dans une salle de bain prenant une photo avec son iPad face à un miroir. Après photomontage, le journaliste devient un djihadiste portant un gilet explosif et montrant son Coran à l’objectif. Le procédé peut sembler grossier, et pourtant, la photo transformée a été reprise sur un site espagnol.