Attentats à Paris: Les policiers face à la délicate gestion des faux signalements

SECURITE Depuis les attentats de vendredi soir, les policiers doivent vérifier toutes les informations qui leur parviennent pour « lever le doute »…

William Molinié

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Un policier redirigent des piétons devant le Bataclan, le 15 novembre 2015 à Paris
Un policier redirigent des piétons devant le Bataclan, le 15 novembre 2015 à Paris — Miguel Medina AFP

Lever les doutes. Depuis vendredi soir, les policiers parisiens ont reçu des milliers de signalements et d’informations après les attentats terroristes dans la capitale. « Il s’agit essentiellement de fausses alertes. Mais nous devons toutes les vérifier pour lever le doute », détaille une source policière.

Des vérifications qui submergent leur travail. « Une trappe technique ouverte dans le RER, une personne qui croit avoir entendu une détonation… On envoie systématiquement une patrouille pour vérifier », poursuit cette source.

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Dénonciations pas justifiées

Si la plupart ne sont pas des appels malveillants, certains peuvent se révéler loufoques. « On est noyé par les appels, les messages. Parfois, on ne nous laisse pas de numéro de téléphone pour faire un contre-appel. Dans ce cas-là, on ne peut pas traiter le signalement », détaille un policier dans un commissariat parisien.

« On a aussi eu des main-courantes de dénonciation complètement bidon, et pas vraiment justifiées. Par exemple, quelqu’un qui a vu dans la rue un homme porter un signe religieux ou son voisin sortir avec une djellaba… », ajoute ce policier.

Appel au « discernement »

La psychose laisse parfois la place à la panique. Comme dimanche soir, lorsque des pétards ont semé la panique en plein cœur de Paris. « C’est extrêmement dangereux », appuie-t-on dans la police parisienne. La préfecture de police a d’ailleurs pris un arrêté interdisant les artifices dans la région.

 

Selon nos informations, la police envisagerait la diffusion d’un message à destination du grand public pour en appeler au « discernement » des citoyens, tout en leur demandant de continuer à signaler.

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