Attentats à Paris: Recueillement place du Panthéon, «un lieu évident parce qu'il signifie "Liberté, égalité, fraternité"»

REPORTAGE De nombreux Parisiens ont participé ce lundi à la minute de silence organisée devant le bâtiment de droit de la Sorbonne qui fait face au Panthéon…

Claire Barrois

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La foule d'étudiants massée devant le bâtiment de droit de  la Sorbonne durant la minute de silence. Lancer le diaporama
La foule d'étudiants massée devant le bâtiment de droit de la Sorbonne durant la minute de silence. — Claire Barrois

Un symbole. Pour eux, étudiants, professeurs, anciens étudiants et habitants du quartier, se rendre devant la Sorbonne (5e arrondissement) pour la minute de silence en hommage aux victimes des attentats de Paris et de Saint-Denis de vendredi était une évidence. L’accès aux bâtiments, rendu encore plus difficile que d’habitude à cause de la venue de François Hollande, n’a pas entravé la volonté de partager ce moment de recueillement collectif.

L’émotion est vive sur la place du Panthéon après la minute de silence. - Claire Barrois

 

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La plupart d’entre eux ne sont pas au courant que le président de la République et quelques ministres se sont déplacés dans leur université. Ce n’est pas leur présence dans le bâtiment principal de l’université qui a entraîné un rassemblement spontané sur la place du Panthéon, mais bel et bien les valeurs que les bâtiments qui l’entourent représentent.

La jeunesse touchée en plein coeur

Par paires ou en groupes, les étudiants font la queue pour entrer dans le bâtiment ou lui ont fait face, à l’extérieur. « Nous sommes devant la faculté de droit parce que le droit est essentiel, qu’il n’est pas respecté par certains et que nous devons nous y rattacher, souligne Nicolas, étudiant à l’école des Mines, voisine de la Sorbonne, qui a rejoint un ami. Avoir le Panthéon dans notre dos est aussi important. »

Laure, 30 ans, est une jeune active qui a étudié ici. « Ma mère et moi voulions nous retrouver quelque part. Ce lieu nous a paru évident parce qu’il signifie "Liberté, égalité, fraternité" pour moi. » Restées à l’extérieur du bâtiment, comme quelques centaines de personnes, elles tenaient à partager ce moment.

La foule applaudit à la fin de la minute de silence à la Sorbonne. - Claire Barrois

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A midi, tout le monde se fige

Lorsque l’église Saint-Etienne-du-Mont sonne les douze coups de midi, tout le monde se fige. Les personnes assises se lèvent, le silence et la tension se ressentent immédiatement. Deux touristes asiatiques qui passent par là laissent échapper un gloussement et se font aussitôt fusiller du regard par les personnes qui les entourent. Idem pour trois femmes qui regardent une vidéo sur leur portable.

La minute de silence semble durer une éternité. Personne n’ose bouger. Puis, du fond de la cour intérieure du bâtiment de la Sorbonne, sortent des applaudissements sonores, aussitôt repris par les centaines de personnes. Après ces applaudissements, la tension se relâche, des larmes coulent, certains entament une Marseillaise, et les étudiants sortent de la cour de la Sorbonne.

Parmi le flot ininterrompu qui s’échappe du bâtiment, Lisa et Nadine, deux étudiantes en économie de 21 ans, sont émues. « Nous sommes touchées en tant qu’étudiantes, en tant que jeunes, souligne Nadine. Trois personnes de notre fac sont mortes. Chaque personne présente ici aurait pu être dans un de ces lieux un vendredi soir, nous sommes évidemment concernées. »

Un groupe de jeune entonne la Marseillaise en hommage aux victimes des attentats de Paris et de Saint-Denis. - Claire Barrois

Sur la place de la Sorbonne, les étudiants également massés en nombre, répondent aux interviews des nombreux journalistes. Certains charrient leurs amis devenus « stars de la télé », d’autres débattent sur le dernier épisode de leur série favorite. La plupart se dirigent vers les bistrots et fast-foods alentour pour manger. La vie de la jeunesse continue, même si les récits de son week-end sont plus graves que d’habitude ce lundi 16 novembre.