VIDEO. Attentats à Paris: Qui est Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attaques?

TERRORISME Connu sous le nom d'Abou Omar al-Baljiki, ce Belge de 28 ans est la cible de l'assaut antiterroriste de Saint-Denis, ce mercredi...

V. Vantighem (avec M.P)

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Capture d'écran du site du journal belge De Standaard. Cette photo de propagande d'Abdelhamid Abaaoud a été diffusée par Daesh.
Capture d'écran du site du journal belge De Standaard. Cette photo de propagande d'Abdelhamid Abaaoud a été diffusée par Daesh. — DR

On le voit rigoler au volant d’un pick-up traînant des cadavres « d’infidèles » au nord d’Alep (Syrie). C’est à travers une vidéo de propagande de Daesh, diffusée en février 2014, que le grand public a fait connaissance avec Abdelhamid Abaaoud. Originaire de Molenbeek, ce Belge de 28 ans est soupçonné d’être le commanditaire des attentats de Paris qui ont fait, vendredi, au moins 129 morts, selon un dernier bilan.

Selon des sources de l'AFP, l'homme était la cible de l'opération antiterroriste menée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), ce mercredi matin.

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Révélée par RTL, lundi, l’information selon laquelle il serait le cerveau des attaques a, depuis, été confirmée à 20 Minutes par une source proche de l’enquête. « On ne peut pas affirmer avec certitude qu’il est le commanditaire, confie-t-elle. Mais c’est effectivement une hypothèse… »

Qui s’appuie sur un faisceau d’indices nombreux. Connu sous le nom d’Abou Omar al-Baljiki (Le belge), cet homme était lié à Brahim Abdeslam, le kamikaze qui s’est fait exploser, vendredi, devant le « Comptoir Voltaire ». Tous deux originaires de la banlieue de Bruxelles, ils auraient, notamment, été incarcérés ensemble, en 2010, en Belgique pour des braquages.

Ses directives : S’en prendre aux salles de concerts et aux stades

Figure du djihadisme outre-Quiévrain, Abdelhamid Adaaoud n’est pas, non plus, un inconnu des services de renseignements français. Ces derniers ont remonté sa trace, le 11 août, après avoir interpellé un homme qui rentrait de Syrie. « Lors de son interrogatoire, cet homme a expliqué qu’Adaaoud lui avait donné des directives en Syrie, explique à 20 Minutes un spécialiste du dossier. Et ces directives étaient de viser des salles de concert et des stades afin de faire beaucoup de victimes… »

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Selon le journaliste spécialisé dans les mouvements radicaux, David Thomson, Abou Omar al-Baljiki était également en lien avec la cellule qui préparait un attentat à Verviers (Belgique), en janvier. Selon lui, ce djihadiste aurait donné une interview à Dabiq le magazine interne à Daesh dans laquelle il se vante d’être parvenu à rentrer en Belgique pour préparer cet attentat puis avoir fui en Syrie après l’intervention des forces de l’ordre, sans jamais avoir été inquiété.

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Il a enlevé son propre frère

Aujourd’hui, il est en Syrie, c’est « l’un des bourreaux les plus actifs de Daesh », selon RTL. Considéré comme « très dangereux » par les autorités françaises, son nom figurait fin-septembre, selon Le Monde, dans la liste des cibles potentielles des frappes aériennes françaises.

Il avait fait la une des journaux belges dès 2014, après avoir enlevé son propre frère Younès, emmené en Syrie alors qu’il était âgé de 13 ans, et qui a été surnommé « le plus jeune jihadiste du monde » par certains médias. Leur père, Omar Abaaoud, sans nouvelles de ses deux fils, s’est porté partie civile contre son aîné.