Attentats à Paris: La Belgique, pivot de l'enquête

ENQUÊTE Une partie de l'enquête sur les attentats de vendredi à Paris s’oriente vers la Belgique, d’où semblent venir la plupart des assaillants...

Vincent Vantighem

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Le 14 novembre dernier, les policiers belges ont participé à la traque des suspects à Molenbeek.
Le 14 novembre dernier, les policiers belges ont participé à la traque des suspects à Molenbeek. — Didier Bauweraerts/Isopix/Sipa

Et si c’était pour cette raison que les terroristes sont passés sous les radars des services de renseignements français ? L’enquête sur les attentats, perpétrés vendredi soir à Paris, s’oriente vers la Belgique, d’où semblent venir la plupart des assaillants. A commencer par Salah Abdeslam. Né à Bruxelles, cet homme de 26 ans – considéré comme « dangereux » – fait l’objet d’un mandat de recherche international émis par la Belgique pour sa participation supposée aux événements qui ont causé la mort de 129 personnes, selon un dernier bilan communiqué dimanche soir.

>>La police lance un appel à témoins

La police nationale a lancé un appel à témoins concernant Salah Abdeslam, recherché dans le cadre de l'enquête sur les attentats à Paris le 13 novembre 2015. - POLICE NATIONALE

 

Des attentats préparés depuis l’étranger

Contrôlé, samedi matin, à Cambrai (Nord), il serait parvenu à rejoindre le « plat pays ». L’enquête a permis de déterminer que son frère, Brahim, est l’un des kamikazes qui s’est fait exploser au Comptoir Voltaire. Un troisième membre de cette fratrie a, lui, été interpellé à Molenbeek, ville limitrophe de la capitale belge.


Google Maps de Molenbeek, dans la région de Bruxelles en Belgique - Google Maps/DR

 

Le 14 novembre dernier, les policiers belges ont participé à la traque des suspects à Molenbeek. - Didier Bauweraerts/Isopix/Sipa

Des éléments suffisants pour que Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur, soit catégorique. « Les attentats abjects ont été préparés depuis l’étranger, a-t-il assuré, dimanche, devant son homologue belge. Et ils ont mobilisé une équipe d’acteurs situés sur les territoires belges. »

>>Molenbeek, terreau fertile à la radicalisation en Belgique

Tous les regards se tournent vers Molenbeek

Il est vrai que les indices se multiplient. Selon le Washington Post, l'un des kamikazes ayant actionné leur ceinture d’explosifs au Stade de France, Bilal Hadfi, serait un résident belge ayant servi en Syrie. Et puis, il y a les deux voitures des suspects découvertes par les enquêteurs à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et devant le Bataclan. A l’intérieur de l’une, les enquêteurs ont découvert des armes. Dans l’autre, des tickets de parking de Molenbeek…

 

Les regards se tournent donc vers cette ville de 95 000 habitants qui traine la réputation d’être un foyer du terrorisme islamiste. C’est dans cette cité qu’Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, aurait acheté des armes. C’est aussi là-bas qu’Ayoub el Khazzani, l’auteur de l’attaque en août dans un Thalys, aurait séjourné. « Je vais m’occuper personnellement de ce quartier », a réagi, dimanche, Jan Jambon, le ministre de l’Intérieur belge, quelques jours seulement après avoir annoncé que 272 de ses compatriotes combattaient actuellement dans les rangs de Daesh en Syrie, soit un tiers du contingent français.

La Syrie dans les esprits

Les indices ont mené les enquêteurs en Belgique. Mais tous pensent bien sûr à la Syrie. D’abord parce que l’organisation Etat islamique n’a pas tardé à revendiquer les attentats. Mais surtout parce que les premiers témoignages qu’ils ont enregistré y font référence. Un couple de témoins présents au Bataclan assurent ainsi que les terroristes auraient annoncé avoir agi parce que « François Hollande n’a pas à intervenir en Syrie ». Parmi eux se trouvait Ismaïl Omar Mostefaï. Premier kamikaze à avoir été identifié, cet homme se serait, de son côté, radicalisé dans la région de Chartres (Eure-et-Loir). Mais au contact d’un prosélyte Marocain venu de… Belgique.