Attentats à Paris: Les grandes villes françaises, hors Paris, sont-elles protégées?

SOCIETE Après les attentats à Paris vendredi soir, retour sur le dispositif de sécurité couvrant le territoire…

Anne-Laëtitia Béraud
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Présence militaire à l'aéroport Charles de Gaulle, le 14/11/2015, au lendemain des attaques terroristes.
Présence militaire à l'aéroport Charles de Gaulle, le 14/11/2015, au lendemain des attaques terroristes. — ERIC FEFERBERG / AFP

Après les attentats à Paris vendredi, le président de la République François Hollande a décrété l’état d’urgence et annoncé un renforcement du dispositif de sécurité. Environ 3.000 militaires supplémentaires (hors gendarmerie) vont être déployés d’« ici mardi soir » sur l’ensemble du territoire, a annoncé ce dimanche l’entourage de Manuel Valls. Il passe ainsi de 7.000 à 10.000 militaires. Ces moyens dépouillent-ils les villes françaises au profit de Paris ? Retour sur le dispositif civil et militaire mis en place.

Paris capte l’essentiel des renforts

Après les attaques de vendredi, Paris et sa région bénéficient effectivement de l’essentiel des renforts annoncés par l’exécutif. Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a annoncé samedi que dès vendredi soir, « l’ensemble des services de police » de Paris et des départements limitrophes « ont été mobilisés en région parisienne », avec le recours à 5,5 compagnies de CRS supplémentaires. De plus, 230 gendarmes en renfort « ont été mis à la disposition de la préfecture de police (de Paris) et deux sections du GIGN sont pré-positionnées », a-t-il ajouté.

>> Combien coûte l’opération militaire intérieure Sentinelle ?

S’agissant des militaires, 1.000 soldats supplémentaires sont mobilisés en région parisienne en renfort de l’opération militaire de surveillance « Sentinelle ». Le cabinet du Premier ministre a précisé qu’en Ile-de-France, leur nombre passe de 4.000 à 5.000 militaires ce dimanche soir. Sur ces 1.000 militaires mobilisés, 300 parachutistes arrivent de Carcassonne par avion, et 700 autres gagnent la capitale par la route, a précisé le colonel Benoît Brulon lors d’un point-presse à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.

Mais les autres villes bénéficient toujours d’un dispositif important

Si la région parisienne bénéficie de l’essentiel des renforts, les autres villes françaises ne sont pas oubliées. Sur le territoire, « 30.000 policiers, gendarmes et militaires engagés depuis plusieurs mois à la protection de 5.000 lieux sensibles sur l’ensemble du territoire, dans le cadre du plan Vigipirate », a rappelé Bernard Cazeneuve samedi.

S’agissant des militaires, l’opération intérieure « Sentinelle » retrouve ses effectifs maximum, soit 10.000 soldats sur l’ensemble du territoire. Ce seuil qui avait déjà été atteint au moment des attentats de janvier à Paris. Ces militaires protègent 800 sites sur tout le territoire, dont 350 en région parisienne: écoles, lieux de culte, aéroports…

En régions, les préfectures ont décliné localement le dispositif de sécurité. Elles ont annoncé le renforcement de patrouilles près des centres sensibles ou les sites de fortes affluences. Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet Stéphane Bouillon a annoncé une multiplication des patrouilles de police et de gendarmerie autour des sites sensibles, comme la gare Saint-Charles ou le Vélodrome, rappelle 20 Minutes Marseille. Environ 1.200 policiers, gendarmes et militaires sont mobilisés dans ce département.

Même son de cloche chez le préfet de la région Languedoc-Roussillon et préfet de l’Hérault Pierre de Bousquet. « Nous avons décidé de multiplier les patrouilles de gendarmerie et de police, et de procéder au rappel des forces disponibles » a déclaré le haut fonctionnaire, comme le rapporte 20 Minutes Montpellier. Les patrouilles de militaires seront doublées. (…) Des consignes de grande vigilance ont été données aux organisateurs d’événements », a ajouté le préfet.

Enfin, les autorités françaises ont demandé de l’aide aux partenaires européens. Cette aide vise à « intensifier les contrôles des passagers voyageant vers la France en train ou par avion », mais aussi les contrôles routiers des frontières. Dimanche soir, le compte Twitter de la police nationale a relayé une opération des polices française et espagnole à la frontière avec l’Espagne.