VIDEO. Attentats à Paris: Ce que l'on sait sur les ceintures explosives des terroristes

ARMES Six des sept terroristes sont décédés en actionnant leur gilet explosif...

Céline Boff

— 

Des personnes évacuées après une attaque au Bataclan qui a fait au moins 15 morts à Paris, le 13 novembre 2015
Des personnes évacuées après une attaque au Bataclan qui a fait au moins 15 morts à Paris, le 13 novembre 2015 — KENZO TRIBOUILLARD AFP

Du jamais vu en France. Au moins sept des terroristes qui ont attaqué vendredi soir plusieurs sites à Paris et à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) portaient des ceintures explosives. Six d’entre eux sont d’ailleurs décédés en les actionnant. 20 Minutes fait le point sur ce que l’on sait sur ces dispositifs explosifs.

>> A lire : Le déroulé des événements, minute par minute

Où ces ceintures ont-elles été actionnées ?

A Saint-Denis, aux abords du Stade de France, les trois terroristes sont décédés en déclenchant leurs ceintures explosives. Seul l’un d’entre eux a fait une victime, morte soufflée par l’explosion. A Paris, un terroriste a également actionné sa ceinture explosive sur la terrasse du Comptoir Voltaire, situé au 253 boulevard Voltaire, dans le 11e. Tué sur le coup, il a également blessé grièvement une personne et plusieurs autres plus légèrement. Au Bataclan, toujours boulevard Voltaire, deux des trois preneurs d’otages sont morts en actionnant leurs ceintures, faisant ainsi un nombre encore indéterminé de victimes – on ignore encore combien parmi les 89 personnes décédées ont été tuées par balle ou les explosions. Le troisième preneur d’otage a été touché par un tir des forces de l’ordre. Son gilet a explosé quand il est tombé.

>> A lire : Les armes des assaillants étaient destinées à faire « le maximum de dégât »

De quoi sont faites ces ceintures ?

Techniquement, il s’agit davantage d’un gilet. Et les sept gilets retrouvés sur les terroristes décédés sont rigoureusement les mêmes, a assuré le procureur de la République François Molins lors de sa conférence de presse. Ils étaient tous reliés à un détonateur sous forme de bouton-pressoir et composés de piles, de boulons, et surtout, de TATP, « un explosif primaire assez volatil », a indiqué le procureur. Egalement connu sous le nom de peroxyde d’acétone, le TATP a été découvert à la fin du XIXe siècle par un chimiste allemand, Richard Wolffenstein.

>> A lire également : Il y avait trois équipes de terroristes « vraisemblablement coordonnées »

Fabriquer une telle ceinture, est-ce facile ?

Oui et non. Disons que les éléments composant la veste explosive se trouvent facilement dans le commerce. Y compris les substances permettant de fabriquer du TATP. Pour mettre au point cet explosif, il suffit de se procurer de l’acide sulfurique, notamment présent dans les produits pour déboucher les canalisations, de l’eau oxygénée et de l’acétone, trois produits vendus en grandes surfaces. Mais le TATP étant très instable, pour le fabriquer, il faut parfaitement en maîtriser la recette. S’il est aisé de mettre la main sur les ingrédients et les dosages, notamment via Internet, cela ne suffit pas toujours, comme en témoignent de nombreux articles relatant les accidents d’apprentis chimistes. Une vidéo montre même les doigts arrachés de l’un d’entre eux.

>> A lire : Ce que nous savons d’Ismaël M., terroriste kamikaze au Bataclan

Le TATP est-il une nouveauté ?

Absolument pas. Cet explosif est au contraire fréquemment utilisé par les terroristes, notamment parce qu’il est difficilement détectable. Cet explosif était présent dans la semelle des chaussures du Britannique Richard Reid, qui souhaitait faire exploser en vol un Boeing 767 de la compagnie American Airlines reliant Paris à Miami. Il a également été utilisé par les kamikazes qui ont perpétré les attentats du 7 juillet 2005 à Londres (Royaume-Uni), par les terroristes responsables de l’attentat du 28 avril 2011 à Marrakech (Maroc) ou encore par les frères Tsarnaev pour l’attentat du marathon de Boston, le 15 avril 2013. Le 17 février 2014, les policiers enquêtant sur la filière djihadiste démantelée dite de « Cannes-Torcy » avaient découvert quelque 900 grammes de TATP dans un immeuble de Mandelieu-La-Napoule (Alpes-Maritimes), près de Cannes.

>>A lire aussi : A quoi sert la fiche S, dispositif qui visait l’un des kamikazes ?