Attentats de Paris: Il y avait trois équipes de terroristes «vraisemblablement coordonnées»

ENQUETE François Molins, le procureur, a confirmé que trois personnes soupçonnées d’avoir commis les attentats ont été interpellées en Belgique ce samedi…

Vincent Vantighem

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Le procureur de la République de Paris, François Molins, le 14 novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris.
Le procureur de la République de Paris, François Molins, le 14 novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris. — AFP

Moins de vingt-quatre heures après les faits, François Molins ne peut pas « trop en dire ». D’abord, parce que ses services n’ont pas encore reconstitué l’exact scénario qui a conduit aux attentats meurtriers de Paris, vendredi soir. Mais surtout, pour « ne pas entraver l’enquête en cours ».

>> En live : Suivez les événements de ce samedi

Malgré tout, le procureur de Paris a levé une partie des interrogations en assurant que les attentats étaient l’œuvre de « trois équipes vraisemblablement coordonnées ». 20 Minutes fait le point sur ce qu’il faut retenir de l’intervention du magistrat…

  • Trois équipes de terroristes

L’une au Stade de France, la seconde dans les rues de Paris, la troisième au Bataclan. Selon François Molins, il y avait « trois équipes de terroristes vraisemblablement coordonnées ». Le magistrat en veut pour preuve les douilles de calibre 7.62 retrouvées sur différentes scènes de crime et surtout les mêmes gilets explosifs dont étaient équipés les terroristes qui se sont tous fait exploser.

  • Au moins deux Français impliqués

Le premier est mort au Bataclan. En analysant le « doigt sectionné » qu’ils ont retrouvé, les enquêteurs ont découvert que cet homme était un Français, né le 21 novembre 1985 à Courcouronnes (Essonne) et condamné à huit reprises entre 2004 et 2010. Jamais incarcéré, il était visé par une fiche S pour « des faits de radicalisation ». Pour autant, « il n’a jamais été impliqué dans une filière d’acheminement de djihadistes vers la Syrie ou l’Irak », a indiqué le procureur.

>> Passeport syrien, plaques belges… Les premiers indices découverts

Le second Français a été interpellé, ce samedi, en Belgique. Il résidait dans la région de Bruxelles. Locataire d’une voiture Polo noire retrouvée à proximité du Bataclan, il a été l’objet d’un contrôle alors qu’il circulait avec deux autres personnes à la frontière franco-belge. « Ces trois individus étaient inconnus des services de police », a encore indiqué François Molins.

  • Des boulons et de l’explosif très volatil

Les terroristes étaient tous équipés du même type de gilet explosif « avec le même système de détonation, les mêmes piles et le même explosif de type TATP », a précisé le magistrat. Très volatil, l’explosif était combiné avec des boulons, pour les terroristes opérant aux abords du Stade de France, afin de « faire le plus de victimes ».

>> Ils ont bénéficié de l’appui d’un artificier…

Trois terroristes ont activé leur mécanisme aux abords du stade ; un quatrième dans le restaurant « Le comptoir Voltaire » et deux autres dans l’enceinte du Bataclan quand les forces de l’ordre sont intervenues. Le dernier terroriste a été tué d’une balle au Bataclan et son gilet a explosé quand il est tombé.

  • Un passeport syrien et des Seat noires

Derniers indices dont a parlé le procureur : les enquêteurs ont retrouvé un passeport syrien sur le corps démembré d’un terroriste. « Il s’agit d’un homme né en Syrie en septembre 1990 et inconnu de nos services », a précisé François Molins, sans évoquer le fait que cet homme aurait pu être enregistré comme étant un réfugié sur l’île de Léros (Grèce) en octobre, comme l’ont annoncé les autorités grecques, ce samedi après-midi.

Revenant sur plusieurs témoignages, le procureur a expliqué que les auteurs des fusillades dans les bars et restaurant des 10e et 11e arrondissements utilisaient des véhicules a priori de type « Seat Leon noires ». Ces voitures n’ont pas été retrouvées.