Attentats à Paris: Ismaël Omar Mostefaï, un délinquant de droit commun radicalisé

TERRORISME Le procureur François Molins a confirmé que ce natif de l’Essonne habitant à Chartres était le seul des assaillants du Bataclan à avoir été « formellement identifié »…

Jane Hitchcock

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L'attaque du Bataclan a été la plus sanglante : elle a fait 89 morts.
L'attaque du Bataclan a été la plus sanglante : elle a fait 89 morts. — Christophe Ena/AP/SIPA

Identifié par son doigt. Le preneur d’otage français qui a fait exploser vendredi soir sa ceinture d’explosifs après avoir tiré sur le public d’un concert au Bataclan, à Paris, était un petit délinquant de droit commun fiché pour radicalisation, qui se nommait selon des sources policières Ismaël Omar Mostefaï.

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Né le 21 novembre 1985, le kamikaze, qui allait avoir 30 ans la semaine prochaine, « a fait l’objet en 2010 d’une fiche S pour radicalisation », mais « n’a par contre jamais été impliqué dans un dossier de filière ou d’association de malfaiteurs terroriste », a souligné samedi soir le procureur de Paris François Molins. Ayoub El-Khazzani, l’auteur présumé de l’attaque dans le Thalys, faisait également l’objet d’une telle fiche, tout comme les frères Kouachi, Amédy Coulibaly, dont Ismaël Omar Mostefaï serait un proche, selon Radio France. Une information que le parquet de Paris ne confirme toutefois pas.

Le kamikaze, qui avait fréquenté la mosquée de Lucé, dans la banlieue de Chartres, aurait selon le Journal du Centre suivi un islamiste radical marocain, qui serait venu plusieurs fois de Belgique «pour faire du prosélytisme».

 

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Ismaël Omar Mostefaï, un père de famille aux racines algériennes, a été formellement identifié par le « relevé de ses empreintes papillaires », à partir d’un doigt retrouvé dans les décombres de la salle de spectacle parisienne, a affirmé François Molins. D’après les déclarations du magistrat, « il n’avait jamais été incarcéré » malgré les huit condamnations mentionnées à son casier judiciaire depuis 2004.

Selon une source proche de l’enquête, Ismaël Omar Mostefaï fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, en Eure-et-Loir. Les enquêteurs tentent par ailleurs de confirmer que le kamikaze a bien séjourné en Syrie en 2014. Son père et son frère ont été placés en garde à vue samedi soir et leurs domiciles, à Romilly-sur-Seine (Aube) pour le premier et à Bondoufle (Essonne) pour le second, ont été perquisitionnés.

« Il est parti au bled »

Le frère, âgé de 34 ans, s’est présenté de lui-même à l’hôtel de police de Créteil (Val-de-Marne) dans la soirée. Il est tombé des nues en apprenant que son cadet était impliqué dans les attentats de vendredi soir. « C’est un truc de fou, c’est du délire… », avait-il réagi samedi avant sa garde à vue auprès de l’Agence France-Presse, la voix tremblante. « Moi, hier, j’y étais sur Paris et j’ai vu comment c’était la merde ! »

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Il confirme que son frère est né à Courcouronnes et qu’il « a eu des affaires avec la justice » dans le passé, « des gardes à vue, des trucs comme ça… » Bien qu’il ait coupé les ponts avec lui depuis plusieurs années, à cause d'« histoires de famille », il ne l’imaginait pas s’être radicalisé. « Il est parti au bled », en Algérie, avec sa famille et « sa petite fille », affirme-t-il. « Ça fait un moment que je n’ai plus de nouvelles (…) Je n’ai pas son numéro au bled, moi… » Des habitants du quartier de La Madeleine à Chartres, où résidait le kamikaze, déclarent au Journal du Centre qu'il aurait quitté la ville «depuis deux, voire trois ans», et que l'on n'avait «plus entendu parler de lui depuis».

Ce père de famille aux yeux clairs, qui vit dans un modeste pavillon, ne voit pas non plus ses deux autres frères. Il ajoute que deux sœurs complètent la fratrie. « J’ai appelé ma mère, elle a l’air de rien savoir », assurait-il samedi en début de soirée. « C’est quoi le rapport avec nous ? On est en froid depuis des années ! », s’est pour sa part interrogée la femme du frère, en pleurs, qui a également été interpellée samedi soir, selon une source proche de l’enquête. « J’espère qu’on va être tranquille. Nous, on a une petite vie tranquille et là ça commence à m’inquiéter… »