Attentats à Paris: Le déroulé des événements, minute par minute

TERRORISME Retour sur la chronologie des différentes attaques perpétrées vendredi soir à Paris et à Saint-Denis, avec les témoignages recueillis par « 20 Minutes »…

Céline Boff

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Mouvement de panique devant le Stade de France après un attentat, le 13 novembre 2015.
Mouvement de panique devant le Stade de France après un attentat, le 13 novembre 2015. — Michel Euler/AP/SIPA

Suite à la conférence de presse du procureur de la République, nous en savons un peu plus sur le déroulé précis des attaques terroristes qui ont ensanglanté Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) vendredi soir.

21h20 : Rue Rimet, Saint-Denis

Un kamikaze fait exploser sa ceinture rue Rimet, devant la porte D du Stade de France où se déroule le match amical France-Allemagne. Il meurt sur le coup et l’explosion souffle également un passant, qui décède.

Localisation porte D, rue Rimet, Saint-Denis - Google Map

21h25 : Angle des rues Alibert et Bichat, Paris 10e

Plusieurs individus à bord d’un véhicule noir, identifié comme étant une Seat Leon, tirent à la kalachnikov sur des personnes attablées sur les terrasses du bar Le Carillon et du restaurant Le Petit Cambodge. Quinze d’entre elles décèdent, dix sont blessées dans un état d’urgence absolue. Une centaine de douilles sont retrouvées sur place.

Localisation du Petit Cambodge, Paris 10e - Google Map 

 

Les témoignages recueillis par 20 Minutes Mohand travaillait derrière le comptoir du Carillon vendredi soir, quand les tireurs ont fait feu. « On a entendu comme des pétards, puis on a compris qu’il s’agissait de rafales, raconte-t-il. On est alors montés à l’étage pour se cacher. Mon cousin, médecin, est redescendu dix minutes après, pour apporter son aide aux victimes, puis moi aussi… » Depuis, il n’a pas dormi. Viana, qui habite la porte à côté depuis 18 ans, est quant à lui arrivé vingt secondes environ après le départ des tireurs. « Là, c’était horrible », dit-il en désignant la terrasse du Carillon, où une dizaine de personnes ont été abattues. Les secours sont arrivés bien plus tard. « Peut-être trop tard d’ailleurs », ajoute-t-il.

21h30 : Rue Rimet, Saint-Denis

Un kamikaze fait exploser sa ceinture rue Rimet, devant la porte H du Stade de France. Il meurt sur le coup.

Localisation de la porte H du Stade de France - Google Maps

 

Le témoignage recueilli par 20 Minutes : Rudy, Jessica et leur fils de 4 ans étaient au stade, porte J : « On a entendu deux grosses déflagrations juste derrière nous. On a cru à des pétards jusqu’à ce qu’un spectateur derrière nous reçoive les alertes sur les attentats dans le 10e », racontent-ils. Leur travée est malgré tout restée calme. « Jusqu’au moment oû des spectateurs ont voulu sortir du stade, mais on les a empêchés, poursuit Rudy. A la fin du match nous n’avions pas pu sortir. L’évacuation s’est fait par les coursives. Mais il y a eu un mouvement de panique qui a compliqué l’évacuation. C’était impressionnant. J’en suis encore secoué », lâche Rudy.

21h32 : Angle des rues de la Fontaine-au-Roi et du Faubourg-du-Temple, Paris 10e

Plusieurs individus à bord d’un véhicule noir, identifié comme étant de marque Seat, tirent à la kalachnikov sur des personnes devant le Café Bonne Bière. Cinq sont tuées, huit blessées. Une centaine de douilles sont retrouvées sur place.

Localisation du café Bonne Bière, Paris - Google Maps

 

Le témoignage recueilli par 20 Minutes : Rémi marchait rue du Faubourg-du-Temple, dans le 10e arrondissement de Paris, lorsqu’il a entendu « un bruit de fou ». Il raconte : « Je collais tranquillement mes affiches, j’écoutais du son et j’entends un bruit de fou. J’enlève mon casque, je me retourne. Et là, je vois deux hommes, chacun dans une voiture noire de marque allemande. Ils tirent à la kalachnikov sur un couple dans une voiture. J’ai vu la femme qui avait la cervelle explosée. Puis ils ont reculé. Je les ai bien vus, ils avaient des dégaines de dealers, ils avaient des belles vestes, ils étaient bien habillés, ils ne ressemblaient pas à des terroristes. Enfin, ils n’avaient pas de barbes. Ils étaient rasés. Mais ils ont tué ce couple dans la voiture et si ça avait été un règlement de comptes, ils n’auraient pas tiré sur d’autres gens après… Enfin, je n’en sais rien. Au bout de 20 minutes, les CRS sont arrivés ».

21h36 : 92 rue Charonne, Paris 11e

Plusieurs individus à bord d’un véhicule noir, identifié comme étant de marque Seat, tirent à la kalachnikov sur des personnes attablées à la terrasse du restaurant La Belle Equipe. 19 clients décèdent. Une centaine de douilles sont retrouvées sur place.

Localisation de la Belle Equipe, Paris - Google Maps 

Le témoignage recueilli par 20 Minutes : André, qui habite rue de Charonne, était présent quand les terroristes sont arrivés : « Au début, j’ai cru à des pétards et puis j’ai bien compris qu’il s’agissait de rafales de kalachnikov. Je me suis plaqué le long du mur et j’ai attendu qu’ils s’en aillent pour aller porter secours aux victimes. Quand je suis arrivé devant La Belle Equipe, ce que j’ai vu était atroce. Toutes les personnes qui dînaient en terrasse étaient à terre et le trottoir était couvert de sang. Un garçon tenait une fille entre ses bras pour tenter de la maintenir consciente. Les pompiers sont arrivés 10 minutes plus tard ». 

21h40 : 253 boulevard Voltaire, Paris 11e

Un kamikaze fait exploser sa ceinture devant le restaurant Le Comptoir Voltaire. Il est tué sur le coup et l’explosion blesse grièvement une personne et plusieurs autres plus légèrement.

Localisation du Comptoir Voltaire, à Paris - Google Maps 

 

21h40 : 50 boulevard Voltaire, Paris 11e

Trois individus, équipés d’armes de guerre de type Kalachnikov, sortent d’un véhicule noir identifié comme étant une Polo et pénètrent dans la salle de concert du Bataclan. Ils tirent en rafale sur les personnes présentes dans la salle puis prennent certains des survivants en otage. Ces derniers sont rassemblés dans la fosse. A 00h20, les forces de l’ordre donnent l’assaut. Elles tuent un des terroristes. Les deux autres se tuent avec leurs propres ceintures à explosifs. Ils avaient auparavant tué au moins 89 personnes et fait de très nombreux blessés.

Localisation du Bataclan, à Paris - Google Maps

 

Le témoignage recueilli par 20 Minutes : Amélie, 35 ans, était au Bataclan ce vendredi soir. Elle raconte : « Il était 21h45, on était dans la fosse située à droite de la scène. D’un seul coup on a entendu des coups de feu, on s’est retournés, on pensait que c’était des pétards, au final c’était des mecs qui tiraient dans tous les sens. Donc là on s’est tous couchés par terre, on a commencé à ramper vers la scène, on se faisait écraser par tout le monde, parce que tout le monde était en panique, essayait de se planquer. On est parti par un escalier qui nous a dirigés vers la droite de la scène. On s’est planqués pendant deux heures à 25-30, recroquevillés sur nous, à entendre des kalachnikovs, des dynamites. Des gens hurlaient comme s’ils étaient torturés. Jusqu’à ce qu’au dernier moment on a eu l’impression que les terroristes étaient derrière la porte, mais en fait c’était le GIGN qui était là. Ils nous ont sortis les mains en l’air, d’abord les blessés, parce qu’il y avait des gens qui avaient été blessés, qui avaient une balle dans le genou, une balle dans le bras. Les gens hurlaient à côté. Quand on est sortis c’était une boucherie. Là on a l’impression que ce n’est pas réel encore, mais on vient de voir une scène d’horreur : des balles dans la tête, du sang partout, des gens morts partout. On a l’impression que ce n’est pas la réalité, c’est un cauchemar. »

21h53 : Rue de la Cokerie, Saint-Denis

Un troisième kamikaze actionne sa ceinture à explosifs et meurt sur le coup. Il se situe à environ 400 mètres du Stade de France.

Localisation de la rue de la Cokerie, Saint-Denis - Google Maps