Déraillement de TGV en Alsace: «En principe, l'erreur humaine est rattrapée par la technique»

3 QUESTIONS A Marc Fressoz, spécialiste des transports, revient sur l'accident de TGV qui a fait 10 morts sur la ligne Paris-Strasbourg samedi...

Marie Tissier

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La rame d'essai du TGV a déraillé au niveau d'Eckwersheim, à quelques kilomètres de Strasbourg.
La rame d'essai du TGV a déraillé au niveau d'Eckwersheim, à quelques kilomètres de Strasbourg. — F. Florin

Au moins dix personnes sont mortes samedi lors du déraillement d’une rame d’essai d’un TGV à Eckwersheim, près de Strasbourg. Marc Fressoz, spécialiste des transports ferroviaires et auteur du livre FGV, Faillite à grande vitesse (Ed. Le Cherche Midi), revient sur les conditions de circulation de ces rames d’essai.

Comment se passent ces sorties tests ?

Lors des sorties de ces rames d’essai, des techniciens effectuent tout un tas de contrôles, sur la stabilité de la rame, sur son comportement, sur ses réactions à différents paramètres comme la signalisation… Ces rames sont bardées d’appareils de mesures. Là, il s’agit de la Ligne à Grande Vitesse Paris-Strasbourg. Il restait un petit chaînon manquant entre Baudrecourt et Strasbourg (106 km) et le tronçon doit être inauguré dans peu de temps (cette seconde phase des travaux doit être terminée en avril 2016)

Quelles peuvent être les raisons de cet accident ?

Visiblement c’est une vitesse excessive qui serait la cause cet accident. Pourquoi ? Ça, c’est assez terrible, car en principe le système automatisé est plutôt performant. On peut se dire que c’est peut-être un manque d’attention. Avec les événements de vendredi, tout le monde avait peut-être la tête ailleurs. Mais il y a plusieurs mauvais réglages qui ont dû entrer en jeu. En principe, lorsqu’il y a une erreur humaine, les systèmes automatisés sont là pour rétablir le problème.

On se rend compte ici qu’il y a une faille dans la culture de la sécurité de la SNCF. Cet accident est d’un genre nouveau. Avant, ces catastrophes avaient lieu notamment à cause du réseau trop ancien. Mais là, la ligne est neuve, il n’y a pas encore d’usure. Ce n’est donc sans doute pas lié à un défaut technique.

Il y avait lors de l’accident, 49 personnes à bord. Est-ce que c’est habituel ?

Il n’est pas rare qu’il y ait plusieurs dizaines de personnes dans ces rames d’essai. Ce sont des trajets qui sont réalisés plusieurs fois avant la mise en service commerciale. Il peut y avoir à bord des techniciens évidemment mais aussi des membres de l’encadrement, du personnel du constructeur (ici Alstom), des associés, des communicants…