Attentats à Paris: Les médecins mobilisés en nombre dans le cadre du plan blanc

HOPITAUX Réquisitionnés ou mobilisés spontanément, les médecins ont répondu présents pour porter secours aux très nombreux blessés...

Coralie Lemke

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Les urgences de l'hôpital Saint Louis la nuit dernière.
Les urgences de l'hôpital Saint Louis la nuit dernière. — LCHAM

Le plan blanc a été délenché dans les hôpitaux vendredi soir par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), à la suite des attentats à Paris, qui ont fait près de 130 morts et plus de 350 blessés. Un dispositif de crise qui permet aux établissements de santé de répondre au mieux à l’urgence médicale. Anesthésistes et chirurgiens ont été rappelés dans six hôpitaux de la région parisienne : la Pitié-Salpêtrière, l’hôpital européen Georges-Pompidou, l’hôpital Larriboisière, l’hôpital Bichat, l’hôpital Beaujon à Clichy et l’hôpital Henri-Mondor à Créteil.

« J’étais en train de manger avec des amis de médecine quand on m’a appelé pour donner un coup de main », raconte Julien Desfontaines, chef de clinique en urologie à l’hôpital Henri Mondor. « Je suis arrivé vers deux heures du matin et j’ai donné un coup de main au bloc opératoire. J’aidais aussi à brancarder les malades de la salle de réveil vers la radiologie. » Une trentaine de victimes a été transportée à Créteil, qui prenait spécifiquement en charge les blessures vasculaires.

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Participer à l’effort collectif

« Ce sont des gens qui se sont pris des balles dans les bras ou dans les jambes. L’enjeu est de pouvoir sauver leur membre blessé », explique le chef de clinique. Il se dit content d’avoir pu participer à l’effort collectif. « C’était important soutenir le reste du personnel soignant. On se sent tous concernés. »

Beaucoup de médecins, même non réquisitionnés, se sont spontanément mobilisés dans leurs établissements, comme Pourya Pashoottan, chirurgien urologue à Saint Louis. Il s’est décidé à regagner l’hôpital immédiatement après avoir eu connaissance des attentats, à 22h15. « J’ai appelé une structure de transport que je connais bien et qui se déplace en gyrophare pour pouvoir entrer dans l’hôpital. Tout le périmètre était bouclé par les forces de l’ordre à cause de la fusillade rue Bichat. »

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Pourya Pashoottan est mobilisé en salle de réveil, une salle de surveillance pour les patients instables avant et après leur opération. Il est chargé d’examiner les patients afin de déterminer lesquels sont en urgence vitale et temporiser les blessures des autres.

Des balles dans le thorax et l’abdomen

« Ils étaient une petite dizaine. Les victimes avaient pris des balles dans le thorax, l’abdomen. Il y avait aussi de gros traumatismes faciaux. Je suppose qu’ils venaient de la rue Bichat juste à côté », explique-t-il. Des patients dont les organes vitaux peuvent cesser de fonctionner à tout moment et dont les constantes vitales doivent être surveillées non-stop.

Le chirurgien est resté mobilisé jusqu’à quatre heures du matin, attendant de possibles blessés du Bataclan. « C’est dingue. La moitié des soignants qui étaient là sont venus de leur propre chef. Tout le monde est venu donner un coup de main », souligne-t-il, impressionné.

Les deux médecins se reposent chez eux aujourd’hui et ont passé le relais à leurs collègues.