Attentats à Paris: Une mobilisation exceptionnelle pour le don du sang

SOLIDARITÉ Ce samedi, de nombreux Parisiens ont spontanément décidé de donner leur sang au lendemain des attaques meurtrières. Reportage dans un centre du 9e arrondissement...

Fabien Randanne

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Le 14 novembre 2015, des centaines de donneurs volontaires au don du sang patientent devant la Maison du Don de la Trinité (Paris 9e). Lancer le diaporama
Le 14 novembre 2015, des centaines de donneurs volontaires au don du sang patientent devant la Maison du Don de la Trinité (Paris 9e). — Fabien Randanne

La mobilisation est impressionnante. Ce samedi midi une longue file s’allonge à vue d’œil rue de Châteaudun (Paris 9e), à l’entrée de la Maison du Don de la Trinité. Spontanément, des volontaires au don de sang se sont rassemblés devant ce centre, à l’image de Félix, 30 ans : « On a la trouille au ventre, peut-être, mais ce n’est pas pour ça qu’il faut rester barricadé chez soi. » Son amie du même âge, Juliette, confie qu’il était « important de se mobiliser, chacun à son petit niveau ».

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Le 14 novembre, la file d’attente s’allonge à la mi-journée devant la Maison du Don
de la Trinité (Paris 9e). - F. Randanne

 

Toutes les générations sont réunies dans la file. Amasten, 21 ans, qui patiente depuis une heure et demie, s’apprête à donner son sang pour la première fois : « Après ce qu’il s’est passé, je pense que tout le monde s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. »

Près de l’étudiant, Brigitte, 62 ans, affirme être « apaisée » par cette mobilisation : « Je me dis que je ne suis pas seule, cette solidarité nationale me donne de l’espoir. » La générosité ne connaît d’ailleurs pas de nationalités : Suzana est Américaine et ne redoute pas les deux heures d’attentes qui lui sont prédites avant de pouvoir donner son sang. « Peu importe. Il faut le faire. J’ai été très émue par ce drame », assure la quinquagénaire qui reprend l’avion demain pour Los Angeles, où elle vit.

 

Suzana est une touriste américaine qui s’apprête à donner son sang. - F. Randanne

 

Les médecins mobilisés redoutent que les longues files d’attente observées dans les centres de dons de la capitale aient un effet dissuasif. Ils conseillent à chaque nouvel arrivant de revenir, si possible, lundi ou au cours de la semaine prochaine. Dans un communiqué, l’Etablissement français du sang (EFS) appelle à « une mobilisation des donneurs sur la durée » et annonce qu’« il n’y a pas aujourd’hui de besoins urgents mais [qu’]il est important d’anticiper afin que l’ensemble des besoins continuent à être satisfaits. »

« Il est important d’organiser le don du sang dans la durée »

« Il faut huit semaines d’attente entre deux dons de sang ou de plaquettes, rappelle une porte-parole de l’EFS. Les personnes qui donnent aujourd’hui ne pourront pas le refaire avant deux mois, et les plaquettes ne peuvent être conservées plus de cinq jours, il est important de s’organiser dans la durée. »

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Le personnel de l’EFS s’est lui-même mobilisé spontanément. « Je suis venue en renfort car j’habite près d’ici. En temps normal, je suis une administrative », explique celle qui répond inlassablement aux mêmes questions des donneurs potentiels. Et qui sera prête à le refaire dans les jours à venir.