Attentats à Paris: «Je cherche mon ami Franck, il était près de la sortie du Bataclan…»

REPORTAGE De nombreuses personnes affluent dans les hôpitaux parisiens pour tenter de retrouver leurs proches dont ils sont sans nouvelle depuis les attentats de vendredi soir…

Vincent Vantighem

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Hôpital Pompidou, Paris, le 14 novembre 2015. Des personnes tentent d'avoir des nouvelles de leurs proches après les attentats qui ont frappé Paris.
Hôpital Pompidou, Paris, le 14 novembre 2015. Des personnes tentent d'avoir des nouvelles de leurs proches après les attentats qui ont frappé Paris. — V.VANTIGHEM

La photo est déjà chiffonnée tant Vanessa l’agrippe en signe de désespoir, depuis 8h ce samedi matin. « C’est mon ami Franck, explique la trentenaire en pleurs devant l’hôpital Georges Pompidou (Paris, 15e). Il était près de la sortie au Bataclan. On n’a pas de nouvelles. Si vous en avez… » Alors que les caméras de télévision fixent l’image, une dame pénètre dans le petit cercle qui s’est formé. « Mais ! C’est mon fils, lâche-t-elle avant d’éclater en sanglots. Je le cherche aussi… »

Peine perdue. De nombreuses personnes se rendent, depuis ce samedi matin, dans les hôpitaux parisiens pour tenter de retrouver leurs proches dont ils sont sans nouvelle depuis les terribles attentats qui ont frappé la capitale, vendredi soir. Débordés, les médecins ont géré les urgences sans avoir pu relever les identités de tous les blessés qui affluaient.

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Personne ne sait où est Valeria…

Matteo, lui, est à la recherche de Valeria, la baby-sitter italienne de son fils. « J’ai donné son nom et j’ai montré sa photo. Mais ils ne savent pas. Si ça se trouve, elle est là-dedans, se désole-t-il en levant les yeux vers l’hôpital. Mais personne n’arrive à me le dire. Je ne sais pas quoi faire. »

La tâche est encore plus ardue pour ceux qui ne parlent pas français comme Cristina. Le visage ravagé par les larmes qui ont coulé toute la nuit, cette Madrilène a pris, ce samedi, le premier vol pour Paris dans le but de retrouver son fils. « J’ai appelé tous les numéros officiels. L’ambassade ne répond pas, souffle-t-elle en espagnol tout en broyant son téléphone. Personne n’arrive à me dire ce que je dois faire, où je dois aller… »

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Une centaine de personnes viennent donner leur sang

Avait-il ses papiers ? Son téléphone ? Quand a-t-il été vu pour la dernière fois ? Les proches ressassent sans cesse les mêmes questions sans avoir de réponses. « Nous sommes débordés, finit par indiquer une personne de l’équipe médicale. Nous ne pouvons pas faire de déclaration. » Derrière elle, trois urgentistes en blouse blanche évoquent, à voix basse dans le hall, le cas d’un patient. « Urgence vitale » sont les deux seuls mots qui filtrent de leur discussion.

Solidarité : Où donner son sang après les attentats ?

Ils peuvent en tout cas compter sur un énorme mouvement de solidarité. Devant l’entrée principale, une bonne centaine de personnes font la queue dans le calme pour pouvoir donner leur sang. « On sait que les stocks ne seront pas suffisants, glisse Sylvaine, une jeune fille de trente ans. On est venus avec mon ami dès qu’on a vu les infos ce matin. On répond à l’urgence à notre petit niveau. »