VIDEO. Attentats à Paris: Ce que l'on sait

TERRORISME Ce que l'on sait sur les attaques meurtrières qui ont fait au moins 128 morts à Paris et 300 blessés vendredi soir...

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

— 

Une personne blessée évacuée du Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris
Une personne blessée évacuée du Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris — DOMINIQUE FAGET AFP

Paris s'est réveillée horrifiée ce samedi matin, au lendemain d’attaques meurtrières. Selon un bilan toujours provisoire, il y aurait au moins 128 morts, 300 blessés dont 80 se trouvent en état d'« urgence absolue ». En tout, six attaques quasi simultanées ont été menées vendredi soir dans autant de sites, principalement dans les 10e et 11e arrondissements et autour du Stade de France. Sept des huits assaillants, dont l'identité n'a pas été dévoilée, se sont fait exploser. Les attaques ont touché la salle de concert du Bataclan, plusieurs rues de l’est parisien, et près du Stade de France. La situation sur ce que l’on sait de ces attaques, ce samedi à 17h30.

>> EN DIRECT. Perquisitions en cours en Belgique…Les écoles rouvriront lundi à Paris

>> EN DIRECT. Notre live, au lendemain des attentats à Paris

Cartes des attaques terroristes à Paris du 13 novembre 2015. - 20 MINUTES

Quels sont les bilans dans les lieux touchés par les attaques ?

-Au Bataclan, boulevard Voltaire, où se déroulait un concert de rock, plusieurs hommes armés ont ouvert le feu dans la salle de spectacles aux cris de « Allahou Akbar », selon un témoin. La prise d’otages a duré trois heures et au moins 82 personnes sont mortes. Les quatres assaillants sont morts, dont trois en actionnant leur ceinture d’explosifs.

-A l’est du 11e arrondissement, rue de Charonne, 18 personnes ont péri dans une scène de guerre. Selon un témoin, un café et un restaurant japonais ont été la cible des tirs, juste en face du foyer Palais de la femme.

Le fil des événements de ce vendredi soir, heure par heure

-Dans le 10e arrondissement, une fusillade a éclaté à l’angle des rues Bichat et Alibert, sur la terrasse du restaurant Le Petit Cambodge. Selon un bilan provisoire, il y a au moins douze morts. 

-A quelques centaines de mètres, rue de la Fontaine au roi (11e arrondissement), à proximité de la place de la République, la terrasse d’une pizzeria a été visée et cinq personnes ont été abattues.

-Au Stade de France, une attaque s’est produite vers 21h20, où trois explosions ont retenti autour de l’enceinte sportive pendant le match amical France-Allemagne. Une personne est morte, ainsi que trois kamikazes. Deux explosions ont eu lieu rue Jules-Rimet, à Saint-Denis. La troisième a eu lieu à La-Plaine-Saint-Denis, près d’un restaurant McDonald’s, également à proximité du stade.

-Une attaque a eu lieu boulevard Voltaire, de l’autre côté de la place de la République. Le kamikaze est mort.

>> A lire aussi : Les otages racontent le «cauchemar» au Bataclan

Samedi matin, tous les quartiers touchés sont restés bouclés par les forces de l’ordre. Les grands magasins, boulevard Haussmann, ont préféré baisser leurs rideaux de fer, tandis que de nombreuses personnes affluaient dans les hôpitaux parisiens pour tenter de retrouver leurs proches dont ils étaient sans nouvelle.

Les attaques ont-elles été revendiquées ?

Le président François Hollande a attribué, lors d'une allocution télévisée samedi matin, ces attaques au groupe terroriste Daesh. «Ce qui s'est produit hier à Paris et à Saint-Denis est un acte de guerre, et, face à la guerre, le pays doit prendre les décisions appropriées. Un acte commis par une armée terroriste, Daesh, contre ce que nous sommes (...). Un acte de guerre préparé, planifié, de l'extérieur, avec des complicités extérieures que l'enquête permettra d'établir.»

Par un communiqué, le groupe terroriste Daesh a revendiqué les attaques peu avant samedi midi.

Quelle est l'identité des assaillants?

L'identité des auteurs des attaques n'était pas officiellement connue ce samedi. Leur identification devrait être compliquée puisque sept des huits individus se sont fait exploser. Un assaillant du Bataclan a été identifié grâce à ses empreintes digitales, indiquent toutefois BFMTV et France info. Il s'agit d'un Français «connu des services de radicalisation», selon la radio. Selon des sources policières, des témoins évoquent des assaillants venus dans une voiture immatriculée en Belgique, ce qui laisse ouverte l’hypothèse d’une équipe venue de l’étranger, sans exclure la présence de locaux.
Selon BFMTV, un passeport égyptien a été retrouvé à proximité du corps de l'un des assaillants du Stade de France. Le document est en cours de vérification. Un passeport syrien a également été retrouvé, selon des sources policières. Les enquêteurs ont déjà commencé à relever plusieurs indices sur l’origine et le parcours des assaillants.

« Un niveau de sophistication et de complexité extrêmement inquiétant », selon un expert

Quelles sont les mesures prises par les autorités ?

Dans une allocution télévisée, le chef de l’Etat François Hollande a déclaré l’état d’urgence dès samedi minuit « sur le territoire métropolitain et en Corse », d’après le décret daté de samedi paru au Journal officiel. Les autorités ont immédiatement recommandé aux Parisiens d’éviter de sortir sauf nécessité absolue et les hôpitaux ont déclenché leur plan d’urgence. Les préfets pourront par ailleurs instaurer au cas par cas le couvre-feu dans les départements, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve en début d'après-midi.

Qu’est-ce que « l’état d’urgence » déclenché par François Hollande ?

Quels sont les établissements et équipements fermés samedi?

Les établissements scolaires et universitaires d’Île-de-France seront fermés samedi et tous les voyages scolaires ont été annulés pour ce week-end en France. Tous les équipements de la ville de Paris sont fermés, a annoncé la mairie par un tweet. Il s'agit des écoles, musées, bibliothèques, gymnases, piscines, marchés alimentaires. Le parc Disneyland Paris, la Tour Eiffel, les cinémas... sont par ailleurs fermés.

Quelles sont les principales réactions ?

Les réactions sont arrivées du monde entier, de la part d’anonymes comme de dirigeants. En France, l'ancien président Nicolas Sarkozy a réclamé samedi des «inflexions majeures» en matière de sécurité, affirmant que «la guerre que nous devons livrer» doit être «totale». A l'étranger, le président américain Barack Obama a promis que les Etats-Unis allaient aider la France à « traduire les terroristes en justice », avant de s’entretenir dans la nuit avec François Hollande. Le Kremlin a dénoncé des attaques « inhumaines », la chancelière allemande Angela Merkel s’est dite « profondément choquée » et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a assuré qu’Israël était au « coude à coude » avec la France. Le président iranien Hassan Rohani a condamné les attentats en France en les qualifiant de « crimes contre l’humanité » et a reporté sa tournée en Italie et en France qu’il devait entamer ce samedi.