Attentats à Paris : Avec les rescapés du Bataclan recueillis dans une cellule psychologique

TERRORISME La salle des fêtes de la mairie du XIe arrondissement de Paris accueille les personnes traumatisées par l'attaque de la salle de concert...  

Laure Cometti

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Des personnes prisent en charge par les secours
Des personnes prisent en charge par les secours — Laure Cometti/ 20 Minutes

Une cellule psychologique pour les rescapés de l'attaque du Bataclan a été improvisée dans la salle des fêtes de la mairie du XIe arrondissement, place Léon Blum, à 800 mètres de la salle de concert. Dès 1h30 du matin ce samedi, des véhicules et personnels de la Sécurité civile, de la Croix-Rouge, de la police et des pompiers ont convergé vers la place.

Les rescapés ont été emmenés du Bataclan jusqu'à la mairie à bord de trois bus. Pour la plupart emmitouflés dans des couvertures de survie, ils descendent eu compte-goutte, et entrent dans la mairie. Certains rejoignent directement des proches venus les chercher.

Un rescapé reprend ses esprits après les attentats meurtiers de Paris, le 14 novembre - Laure Cometti/20 Minutes

A la recherche d'un proche

«Je viens chercher mon fils», s'enquiert un homme âgé d'une cinquantaine d'années auprès de deux policiers. Très inquiet, il explique que «ça sonne dans le vide» lorsqu'il appelle son fils, qui devait se trouver au concert prévu vendredi soir au Bataclan. Les policiers tentent de l'apaiser : «parfois, les gens laissent leur portable au vestiaire».

Une jeune femme vit la même détresse. Un de ses amis se trouvaient près du Petit Cambodge, où une fusillade a éclaté vendredi soir. Sans nouvelles de lui, elle ignore s'il est en vie, ou blessé, et ne sait où le chercher. «Le mieux, c'est d'appeler les hôpitaux du coin», lui conseille un policier, qui précise que les autorités sont en train de recenser les blessés et rescapés des fusillades.

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«On s'est caché, on a rampé»

«On nous a donné à boire, à manger», explique une jeune fille, qui est restée cachée pendant de longues minutes dans la salle de concert. «On a eu énormément de chance, j'étais avec un groupe où personne n'a été blessé, ni tué», lâche-t-elle. Après que la police ait recueillie sa déposition, elle a été emmenée à la mairie du XIe arrondissement à bord d'un bus avec d'autres rescapés.

Benoît Werner, lui, était au Bataclan avec son frère. «On s'est caché, allongé entre les sièges, dès qu'on a entendu les coups de feu, puis on a rampé. On était au balcon». L'un des assaillants, armé d'une «mitraillette», était à cinq mètres de lui. Il ressemblait à «Monsieur-tout-le-monde». Il n'a pas tiré sur les deux frères, qui ont pu sortir sains et saufs de la salle.

Choqué, Benoît Werner a passé un peu de temps à l'intérieur de la mairie, dans la cellule psychologique, «où les gens sont très gentils, accueillants, respectueux».