Attentats à Paris: A peine évacués, les rescapés du Bataclan racontent le «cauchemar»

REPORTAGE Les attentats simultanés ont causé la mort d’au moins 120 personnes, ce vendredi soir, à Paris. Reportage au Bataclan...

Laure Beaudonnet

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Des rescapés du Bataclan
Des rescapés du Bataclan — L.B. / 20 Minutes

Des bus laissent monter les premières personnes évacuées du Bataclan, une salle de concert du 11e arrondissement de Paris où s’est déroulée l’une des attaques de la capitale dans la nuit de vendredi à samedi. Journalistes et habitants du quartier campent plusieurs heures devant le ruban de sécurité, repoussés de plus en plus loin des lieux où l’assaut s’est fait entendre. Plusieurs explosions retentissantes et de nombreux tirs de mitraillette ont résonné aux alentours de minuit.

Plus loin, des otages habillés d’une couverture de survie, les vêtements parfois tachés de sang, marchent, livrés à eux-mêmes dans le boulevard Richard-Lenoir. « On pensait que c’était des pétards, au final c’étaient des mecs qui tiraient dans tous les sens », raconte Amélie, 35 ans.

« C’est un cauchemar »

La jeune femme était à l’intérieur du Bataclan. « Des gens hurlaient comme s’ils étaient torturés, poursuit-elle les larmes aux yeux. Jusqu’au dernier moment on a eu l’impression que les terroristes étaient derrière la porte, mais en fait c’était le GIGN qui était là. Ils nous ont sorti les mains en l’air. On vient de voir une scène d’horreur : des balles dans la tête, du sang partout, des gens morts partout. On a l’impression que c’est pas la réalité, c’est un cauchemar », conclut la jeune femme, accompagnée d’un ami, lui aussi en larmes.

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Les otages ont commencé à être évacués aux alentours d’1h30 alors que la police indiquait une conférence de presse de François Hollande et d’autres ministres dans la rue parallèle. « Le travail de la police a été merveilleux, raconte François, un trentenaire, lui aussi coincé dans la salle de concert au moment de l’assaut. Je me souvenais que la prise d’otages à l’Hyper Cacher avait duré à peu près deux heures, on calculait le temps que ça prenait et on se disait, le temps passe, dépêchez-vous les gars ! C’est quand on voit les corps qu’on réalise qu’ils ne tiraient pas en l’air », conclut-il, le regard perdu. Il raconte avoir d’abord cru à « des gamins qui jouaient ou des gens qui avaient trop bu ». Tout le monde s’est réfugié calmement dans les loges, entendant les voix des assaillants.