Attentats à Paris : Les témoins racontent leur soirée d'angoisse

TERRORISME Des témoins racontent à 20 Minutes ce qu’ils ont vu aux abords des lieux des attaques qui ont touché la capitale…

Coline Clavaud-Mégevand

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Une victime des attaques de Paris évacuée par des pompiers, le 13 novembre 2015
Une victime des attaques de Paris évacuée par des pompiers, le 13 novembre 2015 — DOMINIQUE FAGET AFP

Présents à quelques mètres seulement des lieux des attentats de ce vendredi 13 octobre, des Parisiens racontent les scènes de panique dont ils ont été témoins.

Une scène surréaliste

« Les gens étaient en train de finir leurs planches, alors que d’autres venaient de se faire massacrer à 50 mètres de là ». Laurène, cloîtrée dans un bar de la rue Bichat « avec une trentaine de personnes », raconte la scène surréaliste qu’elle a vécue ce vendredi soir, dans le 10ème arrondissement de Paris. Attablée avec des amies, elle a entendu une série de déflagrations, « comme des pétards ». « Les gens autour de nous n’ont pas réagi, mais on a eu un doute, comme un réflexe. Il y a eu une deuxième série de coups, et là on s’est dit qu’il se passait quelque chose ».

En se rapprochant de la zone d’où vient le bruit, les trois amies tombent sur un homme hagard. « Il venait de devant le Mc Do [de la rue Faubourg du Temple, NDLR]. Il était en état de choc et a parlé de 3 morts ». Laurène ne sait pas si l’information est exacte, mais rapidement, d’autres gens arrivent et parlent eux aussi de corps au sol. « Autour de nous, les gens continuaient à dîner tranquillement, tandis que ceux qui venaient de voir la scène étaient paniqués ». Laurène et ses amies se retranchent dans un bar, où les volets sont ensuite baissés.

Une photo prise par Laurène ce vendredi 13 novembre, dans le 10ème arrondissement de Paris. - Laurène Daycard

Au stade de France, « Les gens hurlaient »

Enora était, elle, en train d’assister au match France-Allemagne quand l’attaque a eu lieu au Stade de France. Privé de réseau internet en raison du grand nombre de personnes réunies, le public n’a eu les informations qu'« au compte-gouttes ». « J’ai dû apprendre l’info dans les premières, parce qu’une amie m’a appelée. Mais les gens ne savaient pas ». Puis, à la fin du match, « on a annoncé sur les écrans et au micro que, "suite à un événement extérieur au stade", on allait devoir sortir par d’autres portes ».

Enora ne bouge pas, par peur des mouvements de foules, mais son ami suit la consigne. « Dehors, il m’a raconté que les gens couraient, hurlaient… Ça n’était pas du tout safe, alors tout le monde est rentré dans le stade ». Rapidement, la pelouse est envahie. « Je ne voulais toujours pas bouger, mais à la fin, les services de nettoyage nous ont viré ». Un ami viendra alors récupérer Enora pour la reconduire à Paris.

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Joindre ses proches

L’enjeu pour les personnes présentes aux abords des lieux des attentats : joindre rapidement leur entourage et rassurer tout le monde. Arnaud a pu avoir des nouvelles d’une de ses amies, qui a trouvé un téléphone et a joint un proche après l’attentat au Bataclan. « Elle était au concert. Elle a réussi à joindre un pote pour lui dire qu’elle avait perdu son portable dans la panique. Maintenant, elle n’est plus joignable, mais elle a dû être prise en charge par les services de secours », explique-t-il.

Certains, comme Julia, enfermée dans un restaurant proche du Petit Cambodge, tweetent. D’autres changent leur statut Facebook ou préviennent grâce au système Safe Check, activé ce soir, qu’ils vont bien. En quelques heures, les timelines se remplissent de messages pour demander ou donner des nouvelles. Et les internautes reclus chez eux racontent le ballet incessant des ambulances et des pompiers. Le bilan provisoire des attentats qui ont touché la capitale est actuellement de 120 morts. C’est la plus grave attaque terroriste qu’ait connue le pays.

Les Parisiens préviennent leurs proches via les réseaux sociaux. - Facebook