VIDEO. Attentats à Paris: Des explosions à l'envahissement de la pelouse, chronologie de la soirée au Stade de France

TERRORISME Ce France-Allemagne devait être un match de gala, il s’est achevé dans la panique générale...

Romain Baheux

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La foule a envahi le Stade de France après France-Allemagne le 12 novembre 2015.
La foule a envahi le Stade de France après France-Allemagne le 12 novembre 2015. — FRANCK FIFE/AFP

Ce devait être un match de gala des Bleus à sept mois d’un Euro à domicile. Ce France-Allemagne s’est achevé dans la panique générale, avec la mort de quatre personnes dans trois explosions autour du Stade de France, dont l’une a été causée par un kamikaze selon l’AFP. Chronologie de la soirée.

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« J’ai senti toute la tribune remuer »

Aux alentours de la vingtième minute de jeu, deux explosions assez fortes se font entendre autour de l’enceinte. L’une d’elles provient de la rue Jules-Rimet, soit juste derrière le secteur Est de l’enceinte, où un kamikaze se fait sauter avec une ceinture d’explosifs. « C’était assez fort. Sur le moment, on a cru que c’était une bombe agricole ou un gros pétard, raconte Benoît. Les gens se demandaient ce qu’il se passait et on a vu des familles inquiètes descendre de la tribune. »

Plan du Stade de France/DR

« J’ai senti mon siège remuer, ça a vraiment beaucoup tremblé, poursuit Bryan, présent dans le secteur est. On était inquiet et on se demandait ce qu’il se passait. » « Après, on s’est de nouveau concentrés sur le match, poursuivent Florian et Marion. On n’avait pas beaucoup d’informations donc on ne s’est pas trop rendu compte sur le moment. » Une troisième détonation, plus faible, se fait entendre quelques minutes après.

Le président évacué

Présent pour assister au match amical, François Hollande est exfiltré à la pause. Pendant ce temps, le président de la Fédération française de football Noël Le Graët prend la décision de ne pas informer les spectateurs des attaques pour ne pas créer un mouvement de panique. Les issues du stade sont bouclées. « Personne ne rentre, personne ne sort », nous glisse un stadier.

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Une information que la plupart ignorent en tribunes. « Petit à petit, on a commencé à être au courant de toutes ces attaques dans Paris, raconte Rachel. Quelqu’un écoutait la radio derrière moi et nous transmettait les infos. » « Et là, je vois sur mon smartphone qu’il s’est passé un truc au Stade de France, poursuit Jules. Du coup, je fais le lien avec les explosions de la première période et je commence à flipper… » Le second but des Bleus est cependant normalement fêté et une Marseillaise ponctue même la seconde période.

Mouvement de panique et spectateurs sur la pelouse

A peine le match fini, le speaker s’empare du micro. « Suite à un incident extérieur au stade, on va demander aux supporters de quitter le stade par les secteurs ouest, sud et nord. » La consigne, qui a pour but de faire éviter les sorties du secteur Est, bouclé par les forces de l’ordre, est suivie de manière plutôt ordonnée. « On sortait dans le calme, raconte Benoît. Et d’un seul coup, on a vu des centaines de gens courir en direction du stade en hurlant. »

La cause de ce petit mouvement de panique demeure encore floue. Plusieurs témoins ont déclaré à 20 Minutes qu’un jeune homme aurait commencé à crier «Il est là, il est là » tandis que d’autres assurent que c’est un simple demi-tour d’une partie des spectateurs qui aurait été mal interprété par certains. « J’ai vu des gens se faire piétiner, ça criait dans tous les sens », décrit Bryan. « C’était quand même flippant », bredouille Grégory.

Des milliers de personnes trouvent alors refuge sur la pelouse. Dans les entrailles du Stade de France, les journalistes sont informés que la conférence de presse d’après-match est annulée, tout comme la zone mixte. Dehors, des personnes tentent de se retrouver après la cohue. Choqués, certains sont en larmes.

Une fois le calme revenu, les spectateurs se dirigent vers le métro et le RER. Deux heures après le match, les silhouettes des hommes de la police scientifique s’activent encore devant les sorties du secteur Est. Le Stade de France vient de connaître l’horreur.