Primes en liquide dans la police: Claude Guéant va faire appel de sa condamnation

JUSTICE L’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy a été condamné ce vendredi à deux ans de prison avec sursis pour complicité et recel de détournements de fonds publics...

Helene Sergent

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Claude Guéant à son arrivée au pôle financier du tribunal de grande instance le 7 mars 2015 à de Paris
Claude Guéant à son arrivée au pôle financier du tribunal de grande instance le 7 mars 2015 à de Paris — Thomas Samson AFP

Claude Guéant s’est-il enrichi au préjudice des services de police ? Oui, au regard de la condamnation rendue ce vendredi 13 novembre par le tribunal correctionnel.

Si la peine est finalement moins sévère que le réquisitoire prononcé le 7 octobre par le procureur Patrice Amar, l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy écope de deux ans de prison avec sursis pour complicité et recel de détournements de fonds publics, de 75.000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de toute fonction publique. A la sortie de l'audience, ses avocats ont fait savoir qu'ils comptaient faire appel de cette décision. 

 

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Le tribunal correctionnel a également condamné à dix mois avec sursis l’ex-directeur général de la police nationale, Michel Gaudin, qui comparaissait à ses côtés.

Primes en espèces

A l’époque des faits, entre 2002 et 2004, Claude Guéant était le directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, qu’il accompagnera ensuite à l’Élysée comme secrétaire général, avant d’être nommé à son tour ministre de l’Intérieur. Environ 10.000 euros mensuels auraient été puisés dans les « frais d’enquête et de surveillance » des policiers puis « remis » à Claude Guéant. L’ex-ministre a affirmé que cet argent était destiné à des policiers.

La facture serait bien plus élevée selon la Cour des comptes qui a chiffré à 34 millions d’euros les frais d’enquête perçus par le cabinet du directeur général de la police nationale entre 2002 et 2012 où se sont succédés Michel Gaudin et Frédéric Péchenard. La Cour constate que l’emploi de cette somme fut « totalement discrétionnaire » et qu’aucune pièce justificative n’en a été conservée jusqu’en 2011.