Sécurité ferroviaire: Un syndicat de cheminots accuse la SNCF de «jouer à la roulette russe»

TRANSPORTS Trois syndicats de cheminots devraient être reçus par le gouvernement...

20 Minutes avec AFP

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Le logo de la SNCF. Illustration
Le logo de la SNCF. Illustration — SIPA

Trois syndicats de cheminots se sont alarmés ce lundi, à dix jours des élections internes à la SNCF, d’une « multiplication » d’incidents. La charge la plus forte est venue de la CGT-Cheminots.

Lors d’une conférence de presse, son secrétaire général, Gilbert Garrel, a accusé la SNCF de « jouer à la roulette russe avec la sécurité ». « Notre but n’est pas de créer de la peur mais d’alerter les citoyens » alors que la SNCF et l’autorité de tutelle « semblent rester de marbre », a-t-il justifié.

Des TER invisibles des systèmes de sécurité

Il a pointé notamment les incidents de « déshuntage » (rupture de la liaison électrique entre le train et les rails) avec certains TER, de type X73500, dont plus de 300 modèles sont en circulation, ainsi que des locomotives de fret (BB60000).

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Causée par l’empoussièrement des voies, cette rupture rend brièvement le train invisible des systèmes de sécurité qui commandent l’abaissement des barrières pour les passages à niveaux ou les aiguillages.

« Les déshuntages ont toujours existé mais ils se sont accentués », estime Thierry Durand, délégué CGT, qui liste une demi-douzaine d’épisodes en octobre rien que pour les trains X73500. Il incrimine la baisse générale du trafic fret, dont les passages de trains permettaient de « nettoyer » les voies, et une diminution des effectifs d’agents d’entretien des voies.

Dans un communiqué, l’Unsa a fait également état d’une « multiplication des dysfonctionnements » et réclamé aussi une rencontre avec le ministère de tutelle. Sur ce sujet, « qui n’est pas nouveau », son porte-parole Roger Dillenseger accuse la CGT de « jouer le catastrophisme face à une échéance électorale », a-t-il dit à l’AFP.

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Dénonçant « toute exploitation médiatique à des fins électoralistes d’incidents », la CFDT a de son côté écrit à la presse être intervenue « dès les premiers incidents pour obtenir des mesures correctives immédiates » et demande au gouvernement « de prendre toutes mesures utiles visant à renforcer la confiance des salariés et des voyageurs ».

Interrogé par l’AFP, le secrétariat d’Etat aux Transports a répondu qu’il recevrait un à un les syndicats CGT, Unsa, CFDT et FO les 26 et 27 novembre.

Trouver des « solutions techniques »

Le « déshuntage n’est pas un sujet qu’on découvre », « nous avons bien entendu pris un certain nombre de mesures au fil du temps pour trouver les solutions techniques » en collaboration « avec les constructeurs », affirme à l’AFP un porte-parole de la SNCF.

L’entreprise, qui recense en moyenne une quarantaine d’incidents de ce type par an, un nombre « stable depuis dix ans », explique « appliquer les recommandations de l’Établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF) » qui peuvent aller jusqu’au retrait des trains. « Quelques retraits de trains sur certaines lignes » ont été opérés « ces dernières semaines », précise le porte-parole.

Alors que la CGT impute deux accidents mortels d’automobilistes (en 2006 et 2012) au « déshuntage », la SNCF n’en reconnaît pas « à ce stade », la justice n’ayant « pas encore statué ».