Landes: Allain Bougrain-Dubourg agressé à la pelle par un homme en slip

OISEAUX Alors qu’ils tentaient de libérer des pinsons pris dans des pièges, les militants de la Ligue de protection des oiseaux ont dû affronter des riverains remontés…

20 Minutes avec AFP

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Des militants de la LPO dont Allain Bougrain-Dubourg et des journalistes attaqués à coups de pelle lors d'une opération de libération de pinsons le 9 novembre 2015 à Audon.
Des militants de la LPO dont Allain Bougrain-Dubourg et des journalistes attaqués à coups de pelle lors d'une opération de libération de pinsons le 9 novembre 2015 à Audon. — GAIZKA IROZ / AFP

Des membres de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) qui menaient lundi matin une opération contre le braconnage des pinsons, une espèce protégée, ont été violemment pris à partie par des riverains à Audon (Landes), nécessitant l’intervention de la gendarmerie. Des journalistes qui accompagnaient les militants de la LPO, dont son président Allain Bougrain-Dubourg, ont également été la cible d’insultes et de violences.

Une demi-douzaine de militants de la LPO qui entendaient dénoncer « le braconnage des pinsons » dans les Landes, suivis par autant de journalistes, avaient pénétré dans un champ de maïs à Audon - à 30 km au sud-ouest de Mont-de-Marsan - où ils avaient repéré plusieurs dizaines de pièges à pinsons, appelés « matoles » dans le Sud-Ouest.

Nous avons pris trois ou quatre coups de pelle

Alors qu’ils commençaient à détruire ces pièges, un riverain est sorti de chez lui armé d’une pelle, insultant militants et journalistes et frappant certains d’entre eux à l’aide de son outil, confirmant le témoignage des membres de la LPO.

« On est intervenus sur une installation de plusieurs dizaines de pièges. Quand on a voulu retirer les matoles, des gens sont sortis dans une grande violence, nous avons pris trois ou quatre coups de pelle, on est quatre ou cinq dans ce cas », a déclaré à l’AFP Allain Bougrain-Dubourg.

Arrivée des gendarmes

Un second riverain est également sorti en brandissant un outil agricole pour menacer écologistes et journalistes, tentant à son tour d’arracher appareils photo et caméra. Les pneus des véhicules de certains écologistes et journalistes ont aussi été crevés.

L’altercation a duré une quinzaine de minutes, jusqu’à l’arrivée des gendarmes appelés sur place, qui ont restitué à un journaliste une caméra dérobée par l’un des agresseurs. La LPO lance chaque année, depuis 2010, des actions contre le braconnage des pinsons dans les Landes, avec notamment la destruction des matoles, petits paniers grillagés dans lesquels les chasseurs capturent ces oiseaux, protégés depuis 1976, pour les manger.

Des dizaines de cadavres de chardonnerets

Un peu plus tôt dans la matinée, les membres de la LPO avaient déjà détruit des matoles dans un autre champ de maïs distant de quelques kilomètres, libérant des pinsons, a souligné M. Bougrain-Dubourg. Autour de ces pièges, « nous avons découvert des dizaines de cadavres de chardonnerets », a-t-il affirmé. Selon lui, ces chardonnerets se font prendre dans les matoles, mais cette espèce, elle aussi protégée, n’intéresse pas les chasseurs qui les écrasent pour s’en débarrasser.

« N’importe qui peut voir ces pièges depuis la route, l’impunité perdure ! C’est l’Etat qui est responsable, je suis sidéré que le ministère de l’Ecologie ne bouge pas alors qu’il sait très bien que ça existe et que la loi sur la biodiversité est en plein débat au Parlement », s’est insurgé le président de la LPO, dénonçant un « décalage entre le discours officiel et la réalité de terrain ».