Djihad: Un islamiste écroué pour avoir voulu agresser une députée socialiste

FAITS DIVERS L'homme s'est dénoncé de lui-même auprès de la plateforme de signalement anti-djihad...

W.M. avec AFP

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Seybah Dagoma en 2012.
Seybah Dagoma en 2012. — DESSONS ERIC/JDD/SIPA

Il aurait projeté l'agression d'une députée socialiste, Seybah Dagoma. Un homme de 32 ans, qui se présente comme un musulman radical, a été écroué mardi après s'être dénoncé, a indiqué jeudi une source judiciaire confirmant une information de la publication La Lettre A.

Pas connu pour des faits de terrorisme

Cet homme, qui a fait de la prison pour des faits de droit commun mais qui n’était pas connu des services de justice pour des faits de terrorisme, s’est signalé lui-même auprès de la plateforme anti-djihad mise en place par le ministère de l’Intérieur, ont indiqué des sources proches du dossier. Il a expliqué avoir voulu servir le djihad en attaquant la députée, sans préciser les modalités de son projet, a relevé une source proche du dossier.

Une affaire de la PJ parisienne

Il avait été interpellé en région parisienne le soir du 29 octobre par la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris. Il a été mis en examen pour « entreprise individuelle terroriste », une première pour ce chef de poursuite.

C'est la première fois, depuis que la menace d'attentat islamiste est considérée comme maximale par les autorités françaises, qu'une élue semble visée. Députée de la 5e circonscription de Paris depuis 2012 après avoir été adjointe au maire de Paris Bertrand Delanoë, Seybah Dagoma est une avocate de 37 ans, d'origine tchadienne.

De la littérature islamiste saisie

Il était sorti de prison en février 2015 après avoir été condamné dans une affaire de trafic de drogue. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait fréquenté durant sa détention des islamistes radicaux. Il a expliqué avoir voulu servir le djihad en attaquant la députée socialiste, sans préciser les modalités de son attaque.

Selon une source proche du dossier, ont été retrouvées en perquisition une masse, ainsi que des douilles percutées. De la littérature islamiste radicale a également été saisie. Cet homme, né dans les Hauts-de-Seine, était logé chez une connaissance en région parisienne, a précisé une des sources proches du dossier, sans plus de détail.

La députée avait rendez-vous dans les prochains jours

Un débat sur son placement en détention provisoire doit se dérouler vendredi devant un magistrat spécialisé, a précisé la source judiciaire. Entendue, la députée PS a indiqué ne pas connaître cet homme, selon une source proche du dossier.

Elle avait toutefois rendez-vous avec lui dans les prochains jours, après qu’il l’avait contactée pour un projet de chaîne télé qu’il disait avoir. C’est lors de ce rendez-vous que l’agression aurait pu survenir, selon une des sources proches du dossier.

a biographie de cette députée, née à Nantes avant de grandir à Sarcelles (Val-d'Oise), ne montre a priori pas d'éléments susceptibles d'en faire une cible particulière des islamistes radicaux.

Membre du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), «elle est très discrète, bosseuse, c'est une grosse tête et un très beau parcours», «elle n'est pas dans le trip “symbole de l'intégration”», a réagi auprès de l'AFP Marie-Pierre de la Gontrie, élue socialiste parisienne.