Noël: Comment les jouets français ont retrouvé leur place sous le sapin

CONSOMMATION Le salon des produits Made in France qui s'achève ce dimanche à Paris met en valeur les jouets bleu,blanc, rouge...

Delphine Bancaud

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L'Arbre magique de Vulli.
L'Arbre magique de Vulli. — Association des Créateurs et Fabricants de Jouets Français

A l’approche de Noël, Sophie la girafe risque de faire des bonds et L’Arbre magique de pousser à toute vitesse. Car les jouets fabriqués en France ont le vent en poupe. La preuve au salon des produits made in France qui s'achève ce dimanche à Paris où de nombreuses marques tricolores sont représentées.

Et même s’ils ne représentent pour l’heure que 8 % des jouets vendus dans l’Hexagone, leur présence dans les rayons ne cesse de se renforcer année après année. « “Le loto des odeurs”, jeu olfactif de Senthosphère, se vend très bien. Tout comme le jeu de cartes Dobble, les jeux d’imitation Smoby, Sophie la Girafe… », constate ainsi Franck Mathais, directeur du département consommation de La Grande Récré. Autre succès : L’Arbre magique fabriqué dans les usines de Vulli à Rumilly en Haute-Savoie, qui fête ses 40 ans cette année. « Chaque année, il s’en vend 20 000 pièces et on vise les 30 000 en 2015 avec la réédition d’une version des années 1970 », indique Laurie Schraenen chez Vulli. Même enthousiasme chez Mako moulages, marque relancée en 2014 : « Cette année, 100 000 boîtes seront mises en rayon, contre 40 000 en 2014. Et nous prévoyons de tripler notre chiffre d’affaires », explique Agnès Beuchet, la PDG. Difficile aussi de ne pas tomber dans les rayons sur les maquettes de voiture de Heller, les jeux Bioviva ou les jouets en bois Vilac. Car depuis quelques années, la grande distribution et les magasins de jouets n’hésitent plus à référencer les jouets français, qu’ils sont presque sûrs de vendre.

Des délais de livraison courts

Un retour de flamme pour les jouets français qui s’explique par la remise en cause du tout made in China. « Plusieurs facteurs expliquent cela. Tout d’abord la hausse du dollar, l’augmentation des coûts de transports et la montée du coût de la main-d’œuvre chinoise ont rendu la production française à nouveau attractive pour de nombreuses marques », explique Christophe Fresnais, secrétaire de l’association des créateurs-fabricants de jouets français. Autre argument économique : les distributeurs apprécient le fait de pouvoir acheter des petites quantités de jouets aux fabricants français, d’en commander rapidement s’ils fonctionnent bien et de les recevoir vite. « Ils ne risquent pas d’être confrontés à une rupture de stock ni de se retrouver avec des containers de jouets qui n’ont finalement pas plu aux clients », ajoute Franck Mathais.

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Mais ce succès s’explique aussi par une tendance consumériste, affirme Christophe Fresnais : « Les gens regardent de plus en plus les étiquettes et les distributeurs jouent le jeu en estampillant les jouets made in France dans leurs catalogues ou dans leurs rayons ». « Les consommateurs ont conscience qu’ils peuvent influer sur l’emploi dans le pays par leur décision d’achat. Donc s’ils ont le choix entre des pièces de construction Jouécabois ou Kapla, ils choisissent le premier qui est français », ajoute Franck Mathais. Reste que pour séduire les consommateurs, les jouets français doivent être compétitifs en termes de prix : « C’est souvent le cas pour les produits manufacturés, mais pas pour ceux qui sont sous licence », poursuit Franck Mathais.

Faire des émules

Cette dynamique du jeu français ne semble pas près de s’arrêter, selon Franck Mathais : « On sent une émulation entre les fabricants et la profession s’organise », souligne-t-il. L’Association des créateurs-fabricants de jouets français, née il y a tout juste un an, compte déjà 24 adhérents et veut continuer à prospérer : « Nous prévoyons de participer à de nombreux salons professionnels et espérons atteindre les 10 % de jouets fabriqués en France fin 2016. Nous voulons aussi exporter nos marques à l’étranger pour celles qui n’y sont pas encore présentes », insiste Christophe Fresnais. En prêchant la bonne parole, l’association espère aussi inciter des fabricants de jouets à se relocaliser en France. Pas impossible s’ils regardent les chiffres de vente de certains fleurons français du jouet…