Boycott des produits israéliens: Roger Waters des Pink Floyd soutient les militants français condamnés

JUSTICE Douze membres d'un collectif avaient appelé au boycott de produits israéliens lors de rassemblements dans un supermarché...

20 Minutes avec AFP

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Roger Waters joue «The Wall Live» à Berlin le 4 septembre 2013.
Roger Waters joue «The Wall Live» à Berlin le 4 septembre 2013. — Britta Pedersen/AP/SIPA

C’est un soutien inattendu. Roger Waters, le cofondateur du groupe de rock Pink Floyd, a exprimé son « horreur » face à la décision de la cour de cassation française. La plus haute juridiction française a confirmé le 20 octobre la condamnation de militants qui avaient appelé au boycott des produits israéliens.

Au-delà de Roger Waters, dont le mégatube « The Wall » est devenu l’hymne de la lutte contre le mur de séparation israélien, cette décision a suscité ce week-end des réactions diverses. « Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : le boycott des produits israéliens est illégal ! », s’est réjoui l’avocat Pascal Markowicz sur le site internet du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).

« Climat de criminalisation des combats citoyens »

Le 20 octobre, la Cour de cassation a confirmé la décision du 27 novembre 2013 de la cour d’appel de Colmar qui avait condamné à des amendes de 1.000 euros avec sursis 12 membres d’un collectif ayant appelé au boycott de produits israéliens lors de rassemblements dans un supermarché. Parmi les parties civiles lors de ce procès en appel figuraient la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), l’association Alliance France-Israël et Avocats sans frontières.

Pour Me Markowicz, « la juridiction suprême de notre ordre judiciaire » confirme « que la liberté d’expression peut être soumise à des restrictions ou sanctions qui sont des mesures nécessaires dans une société démocratique, pour la défense de l’ordre et la protection des droits d’autrui ».

« Abasourdis », les militants condamnés, membres de la branche de Mulhouse du mouvement international Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), et la coordination Mulhouse/Palestine ont dénoncé dans un communiqué un « climat de criminalisation des combats citoyens ».

« Israël, Etat voyou qui bafoue depuis bientôt 70 ans le droit international »

« Il deviendrait impossible de dénoncer la politique de l’Etat d’Israël, Etat voyou qui bafoue depuis bientôt 70 ans le droit international ? Après cette condamnation, il serait devenu impossible, aujourd’hui, de boycotter l’Afrique du Sud pour lutter contre l’apartheid ? », s’insurgent-ils. Les militants précisent que « la cour d’appel, confirmée par la Cour de cassation, a écarté toute accusation d’antisémitisme ».

La LDH s’est aussi émue de cette décision qualifiée de « mauvaise nouvelle concernant le respect de la liberté d’expression dans notre pays ». L’association « demande le retrait des directives envoyées par le ministère de la Justice aux parquets pour entreprendre de telles poursuites, et persistera à combattre toutes les atteintes à la liberté d’expression ».